Paroles, La Chasse à l'enfant, délinquance juvénile, Jacques Prévert, poème, enfant, stigmatisation, déshumanisation, marginalisation, Belle-Ile-en-Mer, animalisation, sociologie, famille, psychologie sociale, poésie engagée, critique sociale, dépersonnalisation, châtiments corporels, Licence PPPE Parcours Préparatoire Professeur des Écoles
Dans le poème « Chasse à l'enfant », Jacques Prévert réussit, par le lexique et par différents procédés, à montrer l'idée de chasse soutenue dans le titre. [...]
Le poème de Jacques Prévert fait référence à une histoire réelle, celle de l'enfermement d'enfants jugés comme vagabonds et qui étaient enfermés dans une île-prison : l'île de Belle-Île-en-Mer. En analysant la sémantique, il sera possible de déterminer le sens que Jacques Prévert souhaite donner à ce texte et sur ses résonances dans notre monde actuel.
[...] Les menaces actuelles existants sur le monde de l'enfance Au-delà, de ce traitement d'autres menaces ont pesé ou pèsent encore sur l'enfance. Dans le même registre, il est possible de penser à la stigmatisation des enfants délinquants, qui ont d'abord été montrés comme des enfants déviants et anormaux, c'est-à-dire ayant des troubles psychiatriques. C'est ce qui a conduit aux travaux du médecin-psychiatre Georges Heuyer. Cette approche a pu également engendrer une déshumanisation de ces enfants et une exclusion de la société. [...]
[...] En analysant la sémantique, il sera possible de déterminer le sens que Jacques Prévert souhaite donner à ce texte et sur ses résonnances dans notre monde actuel. 1. Une remise en cause de l'enfermement des enfants au sein de la société du début du XXème siècle Dans ce poème, Jacques Prévert remet en question le traitement disproportionné de traque de ces jeunes enfants par les habitants de cette île. En effet, si l'on observe bien le poème, on peut se demander qui des deux s'approche le plus de l'animalité et de la sauvagerie ? [...]
[...] Les habitants hèlent les enfants en les appelant : « Bandit Voyou Voleur Chenapan ». Le fait de les héler et de n'utiliser qu'un seul mot montre que ces personnes ne sont pas capables d'avoir un discours élaboré sur la fuite de ces enfants. Par ailleurs, le fait de les désigner comme étant une « meute d'honnêtes gens » démontre que malgré une apparence civilisée, ils sont animés par des bas instincts. Par ailleurs, la violence de ces personnes est présente dans le texte : « Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents / Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment ». [...]
[...] Une fois leur peine purgée. Conclusion En conclusion, le poème de Prévert semble condamner le traitement qui était initialement réservés aux enfants dits vagabonds, destinés à l'enfermement au sein de bagnes et complètement déshumanisés par la société. Au-delà de ces premières analyses, il est possible de dire que le texte résonne encore avec le regard que la société pose encore et toujours sur la délinquance juvénile, nous questionnant dès lors sur le regard collectif de ceux qui ont commis des fautes, peuvent ainsi être marginalisés voire complètement déshumanisés. [...]
[...] Cette dépersonnalisation se poursuit par le fait d'indiquer l'enfant au singulier, comme s'il ne s'agissait que d'un seul enfant poursuivi, or cela n'a pas été le cas d'après les détails que nous avons sur ce fait divers. Aussi, la chasse est matérialisée par un lexique qui animalise ces enfants : « il s'est sauvé / Et comme une bête traquée / Il galope toute la nuit ». Par ailleurs, Prévert a recours à des métonymies pour se référer aux habitants qui courent après eux : « la meute des honnêtes gens ». [...]
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