La Colonie, Marivaux, pièce de théâtre, comédie, mariage, féminisme, amour, soumission, émancipation, dialogue, normes sociales, traditions, critique, morale humaine
Ce texte est la scène V de La Colonie de Marivaux, une comédie publiée en 1750. Cette pièce de théâtre nous raconte comment un groupe d'hommes et de femmes réfugiés sur une île apprennent à s'organiser et à recréer une société. Face à la mise en place d'un gouvernement par les hommes dans lequel on ne laisse pas de pouvoir de décision aux femmes, Arthénice et Madame Sorbin décident de former leur propre constitution. Elles en viennent à rejeter l'institution du mariage, mais la fille de madame Sorbin, Lina, doit épouser Persinet, ce qui est cause de désaccord entre les hommes et les femmes.
[...] Les nombreuses négations dans tout le dialogue montrent l'affrontement : "une coutume qui n'empêche pas l'amour", "elle n'a pas été de nos délibérations", "je n'en aurai pas la peine". De plus, l'enchaînement rapide de répliques révèle une tension entre les femmes, chacune niant automatiquement la déclaration du camp opposé : par exemple, on observe un enchaînement rapide de répliques courtes entre Lina Madame, c'est une coutume qui n'empêche pas l'amour.) et madame Sorbin te défends l'amour"), du tac-au-tac. Enfin, il s'agit d'un dialogue très expressif avec de nombreuses exclamations ("Hélas quel dommage qui traduisent l'emportement, et de nombreuses émotions, avec la didascalie "pleurant" à la fin de la scène pour montrer la peine de Lina. [...]
[...] Elles qualifient le mariage de "pure servitude que nous abolissons", et les termes "soumission" et "soumises" sont répétés à travers l'intégralité du dialogue. Lina, amoureuse de Persinet, parle en utilisant le pronom "nous" pour évoquer une entente, un partage dans le couple : "nous voudrons toujours la même chose ; nous en sommes convenus entre nous". La structure binaire de cette réplique met en valeur cet idéal d'équilibre parfait. Lina véhicule ainsi un certain idéal romantique d'une communion au sein du couple, et d'une soumission volontaire. [...]
[...] La Colonie, Scène V - Marivaux (1750) - Dans quelle mesure le dialogue met-il en place une réflexion sur l'institution du mariage ? Ce texte est la scène V de La Colonie de Marivaux, une comédie publiée en 1750. Cette pièce de théâtre nous raconte comment un groupe d'hommes et de femmes réfugiés sur une île apprennent à s'organiser et à recréer une société. Face à la mise en place d'un gouvernement par les hommes, dans lequel on ne laisse pas de pouvoir de décision aux femmes, Arthénice et madame Sorbin décident de former leur propre constitution. [...]
[...] Au contraire, dans les répliques de madame Sorbin et Arthénice, le "nous" fait référence aux femmes, à l'exclusion des hommes. On observe donc un conflit autour des notions d'amour et de servitude : alors que Lina pense que son amour pour Persinet peut coexister avec la soumission, ses deux interlocutrices rejettent complètement cette notion : "soumise, cela peut-il sortir de la bouche d'une femme Cette antithèse entre ces deux notions démontre la complexité des relations amoureuses quand elles sont aux prises avec les normes sociales et le rejet des traditions. [...]
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