Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, pièce de théâtre, romantisme, littérature française, dramaturgie, Roméo et Juliette, Shakespeare, amour, langage, poésie, sacrifice, souffrance, Grand oral
Le présent commentaire de texte traite de la pièce de théâtre intitulée Cyrano de Bergerac, écrite par l'auteur français Edmond Rostand et représentée pour la première fois en 1897, qui s'inscrit dans le courant du théâtre romantique. [...]
Nous étudions ici un passage particulier : l'acte III, scène 7, qui est l'une des scènes les plus célèbres de ladite pièce. Dans ce cadre, il s'agit de la célèbre « scène du balcon », qui rappelle la célèbre pièce « Roméo et Juliette » de l'Anglais Shakespeare.
[...] Cyrano accepte de ne pas être aimé en retour, pourvu que Roxane soit heureuse. Il préfère rester dans l'ombre plutôt que de troubler son illusion. Cela le rend à la fois pathétique et héroïque : il incarne une forme d'amour pur, désintéressé, noble, qui va jusqu'à l'abnégation. Ce sacrifice, qui passe inaperçu pour Roxane, bouleverse le spectateur. Il donne à cette scène une profondeur tragique, tout en renforçant l'admiration pour Cyrano, figure d'un héros romantique à la fois grandiose et condamné. [...]
[...] Il parle en son nom sans pouvoir le revendiquer. Cela rend l'aveu d'autant plus émouvant pour le spectateur, qui perçoit l'intensité de son amour et le drame de son silence. II. Le pouvoir des mots et la sublimation poétique de l'amour Au c?ur de cette scène se trouve l'importance accordée au langage. Le contraste est fort entre Christian, incapable d'exprimer ses sentiments, et Cyrano, maître du verbe. Ce contraste justifie toute la scène : Roxane, déçue par le manque d'esprit de Christian dans la scène précédente, semble redécouvrir son amour grâce à la poésie qu'elle croit venir de lui. [...]
[...] Ce moment devient presque un hymne à la parole poétique, capable de transformer la réalité, de la transcender. Cyrano, en s'exprimant ainsi, incarne une figure de poète romantique qui idéalise l'amour et le sublime à travers le langage. III. Une scène pathétique, marquée par la souffrance et le sacrifice Si la scène est belle et lyrique, elle est aussi profondément douloureuse pour Cyrano. Il se retrouve face à un dilemme tragique : dire enfin son amour, mais en étant invisible. [...]
[...] Cyrano transforme l'acte physique du baiser en un acte spirituel et symbolique. Chaque terme employé - serment, promesse, aveu - renvoie à une idée noble et pure de l'amour. Le baiser devient ainsi une élévation, non une chute dans la sensualité. La parole devient donc un substitut au corps. Alors que Cyrano n'a pas la beauté de Christian, il possède l'éloquence et la richesse intérieure. Il oppose la puissance du verbe à la puissance du visage. Roxane, d'ailleurs, est séduite par cette éloquence et semble se détacher progressivement de l'apparence physique. [...]
[...] Il parle avec une sincérité croissante, en utilisant le langage comme un exutoire : « Ce soir, j'ai des mots pleins la bouche ; ils montent de mon c?ur comme des bulles. » La métaphore du c?ur qui déborde montre que Cyrano ne peut plus contenir ce qu'il ressent. L'image des bulles donne à ses paroles un caractère spontané, fragile, presque enfantin. C'est son véritable amour qui affleure ici. Lorsqu'il dit à Roxane : « Descendons-en nous-même et trouvons, comme moi, le fond de votre c?ur », il l'invite à regarder au-delà des apparences, à écouter l'âme plutôt que les mots superficiels. [...]
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