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Jean de Sponde est un poète français né en 1557 à Mauléon-sur-Soule et mort en 1595 à Bordeaux. Cet auteur se présente comme un des principaux représentants de la littérature baroque. On retrouve effectivement dans son oeuvre les principaux thèmes de ce courant de la littérature, à savoir l'inconstance, la notion de duplicité ainsi que la finitude, l'idée que nous sommes mortels et seulement de passage sur terre. Cette fragilité de l'existence doit amener à se tourner vers Dieu.
[...] Par cette interjection, le poète exprime sa souffrance. Le poète s'adresse ensuite directement au lecteur dans une sorte de dialogue confidentiel. Il utilise l'impératif comme pour exprimer plutôt qu'un véritable ordre un conseil : « comptez » (vers 1). L'auteur invite le lecteur à considérer le nombre de jours qui lui reste à vivre, sans doute pour prendre conscience que nous ne sommes que de passage sur terre, une des thématiques importantes de la littérature baroque. Dans le second hémistiche, le poète reprendre le vocable « jours » pour donner ainsi une certaine fluidité à son écriture : « les jours qui sont passés » évoquent ce que l'on ne pourra pas rattraper. [...]
[...] Cette heure, ce moment son personnifiées et participent à l'intensité tragique du passage. Cette heure et ce moment son repris à travers la formule : « bourreaux dénaturés de votre propre vie ». « Dénaturés » sans doute parce les hommes agissent contre eux-mêmes, contre l'élan vital selon le poète Jean de Sponde. Le poète accuse les hommes et les femmes de manquer de sagesse et ne pas suffisamment prendre de recul face à la vanité de l'existence. Le dernier vers se présente une fois de plus comme une sentence proverbiale. [...]
[...] Il faut comprendre la formule sans doute comme « sans nulle doute », c'est-à-dire quelque chose de certain. Le troisième et dernier vers de ce tercet exprime finalement l'idée qui était laissé en suspens dans le vers précédent : « vous serez le butin des écueils, et des flots ». Autrement dit, ces obstacles que nous aurons réussi à traverser auront finalement le dernier mot sur nous. Sur le plan stylistique, on peut retrouver à nouveau cette structure chiasmatique déjà présente dans le deuxième quatrain. Ici, le chiasme est exprimé avec exactement la reprise de mêmes termes : « flots » et « écueils ». [...]
[...] Le quatrième vers de ce quatrain reprend l'isotopie de la mort présente dans le premier quatrain. Le terme de « gêne » est très fort à cette époque, il renvoie à une torture, à une souffrance. Dans son évolution étymologique, il est même associé à la « géhenne », c'est-à-dire à l'Enfer dans la Bible. Le poète évoque ici l'idée que la Mort emporte tout avec elle et que nous devrions être humbles car nous ne sommes que peu de choses et uniquement de passage sur Terre. [...]
[...] L'évocation de la mort associée à leur « naissante Aurore » donne le sentiment de la fugacité de l'existence. C'est une thématique fondamentale de la littérature baroque. À peine avons-nous le temps de profiter des moments présents qu'ils appartiennent au passé. L'antéposition de l'adjectif « naissante » permet de le mettre en valeur et d'insister sur le fait que ces jours viennent à peine de faire leur apparition qu'ils sont voués à la finitude comme les autres avant eux et les autres après eux. Le quatrième vers du sonnet prend un aspect conclusif. [...]
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