L'Étranger, Camus, roman, guerre d'Algérie, philosophie de l'absurde, existentialisme, analyse littéraire, analyse narrative, instance narrative, théorie de Jouve, Benveniste, Bakhtine, valeurs, réalité, liberté, humanité, amour, système carcéral, personnages, Cvetanka Conkinska, polyphonie, narrateur homodiégétique, littérature philosophique, théorie littéraire, narratologie, absurdité
Le titre préliminaire de ce mini-mémoire est « L'instance narrative du roman l'Étranger d'Albert Camus selon la théorie de Vincent Jouve, vecteur de la notion d'absurde ? ». Le roman L'Étranger d'Albert Camus paru en 1942, est une oeuvre majeure de l'auteur, reconnue comme étant un « roman de l'absurde » (Guérin, 2025). L'oeuvre a été maintes fois analysée et reconnue comme étant une oeuvre complexe et ambiguë, et cela, notamment du point de vue de son énonciation.
Dans le cadre de ce mémoire, nous tenterons d'analyser ce texte littéraire à l'aune de la théorie du professeur de littérature, Vincent Jouve. Vincent Jouve a renouvelé la pensée liée à l'analyse narratologique, puisqu'il a formulé, dès le début des années 2000, une théorie intitulée linguistique de l'énonciation. [...]
Plusieurs dimensions sont particulièrement intéressantes à analyser dans un texte littéraire et en particulier l'instance narrative. L'instance narrative désigne l'articulation entre la voix narrative, c'est-à-dire « qui parle ? », le temps de la narration (quand raconte-t-on par rapport à l'histoire ? ») et la perspective narrative (c'est-à-dire par qui perçoit-on ?).
[...] Il y explique qu'une analyse qui s'intéresse à l'auteur impliqué, consiste à « traquer le narrateur dans le texte » (Jouve p.79). Cette analyse permet de comprendre la conception du roman selon l'auteur et de comprendre le point de vue de celui-ci sur ses personnages. Il établit que : « L'auteur impliqué est indispensable pour rendre compte de l'ambiguïté énonciative propre aux narrations homodiégétiques. Lorsqu'un narrateur raconte sa propre histoire, il est, en tant que personnage, l'objet d'une évaluation de la part du récit. C'est le cas de l'Hadrien de Yourcenar, du Tiffauges de Tournier ou du Meursault de Camus » (Jouve p.78). [...]
[...] C'est-à-dire, celui qui est étranger à sa réalité tant celle-ci est absurde. L'absurdité est également comprise par les possibilités du « je-narrateur » polyphonique qui permet d'avoir accès aux pensées des autres personnages - chose qui est totalement impossible dans la réalité C'est notamment le cas quand Meursault indique comprendre pourquoi ce que le juge comprend de son meurtre : « Le fond de sa pensée, si j'ai bien compris, c'est que j'avais prémédité mon crime. Du moins, il a essayé de le démontrer. [...]
[...] Aussi, dans la deuxième partie du roman (partie dans laquelle Meursault est confronté à l'univers judiciaire et carcéral), la voix de l'auteur impliqué permet de comprendre la philosophie de l'absurde portée par Camus tout au long du roman. En effet, lorsque l'avocat explique à Meursault que les instructeurs se sont renseignés et qu'ils ont su que Meursault n'avait montré aucune sensibilité au moment de l'enterrement de sa mère (Camus p. 149), Camus montre ici sa volonté - en tant qu'auteur implicite - de dénoncer une hypocrisie sociale : celle de juger des personnes selon leurs émotions passées ou les apparences perçues soulignant le caractère injuste et absurde de la justice, soulignant ainsi que la justice devrait s'intéresser plus en profondeur aux non-raisons de son meurtre. [...]
[...] - Implications du mémoire / de l'analyse Notre étude permettra d'établir une nouvelle grille de lecture et d'analyse du roman l'Etranger de Camus à l'aune de la théorie de l'énonciation de V. Jouve, permettant alors de démontrer la pertinence de cette théorie pour détecter les messages sous-jacents à un texte littéraire et l'apport de l'analyse de l'énonciation dans la narratologie. - Limitations de la recherche faite Notre recherche s'appuiera sur la théorie de l'énonciation de Vincent Jouve, qui semble un cadre novateur pour analyser l'instance narrative du roman l'Etranger. [...]
[...] https://doi.org/10.3406/rbph.1971.2879 Cagnan, E. (2020). Meursault entre voix et texte : la monotonie de la ponctuation dans L'Étranger d'Albert Camus. Études françaises, 67-81. https://doi.org/10.7202/1072479ar Camus, A. (1942), L'Etranger, version numérique par Jean-Marie Tremblay issu de la collection Gallimard pp. Conkinska, C. (2001). Le « je » polyphonique du monologue intérieur dans L'Etranger de Camus. Cahiers de Narratologie 285-295. [...]
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