Marie-Noëlle Abi-Yaghi, Ermina Chiara Calabrese, Mathilde Zerderman, militantisme, engagement, guerre, exil, contestation, carrières militantes, répression, militantisme sous contraintes, désengagement, mouvements sociaux, partis politiques, immigration, État, Ennahda, régime syrien, Tunisie, France, Ben Ali, Liban, Syrie
Si les dispositions méthodologiques des articles nous invitent à décentrer notre regard et lutter contre tout ethnocentrisme scientifique, elles permettent d'interroger le militantisme « sous contrainte », c'est-à-dire, ici, dans un contexte de guerre ou d'immigration. Quelles sont les conséquences de ces situations ? [...]
Comme annoncé dans la notion de carrières militantes, ces articles nous invitent à penser les conséquences biographiques de l'engagement par le prisme des structures sociales mais aussi de la trajectoire biographique.
[...] Recompositions militantes : quand la guerre et l'exil déterminent les formes de l'engagement Comme annoncé dans la notion de carrières militantes, ces articles nous invitent à penser les conséquences biographiques de l'engagement par le prisme des structures sociales mais aussi de la trajectoire biographique. Ce sont les détails de ces recompositions qu'est à présent l'enjeu de la seconde partie. 1. Guerre, exil et engagement : ambiguïtés et tensions dans la relation C'est l'objectif de Marie-Noëlle Abiyaghi et Ermina Chiara Calabrese de présenter les tensions entre guerre et engagement dans une logique biographique : « En suivant les pérégrinations militantes, qu'elles oscillent entre la contestation ou la loyauté envers le régime syrien, l'aide solidaire ou la violence armée, les exit volontaires ou forcés (migratoires et du militantisme), ce dossier pose aussi la question de la circulation des langages. » C'est à la fois les conséquences sur les carrières militantes et les trajectoires biographiques, non sans écho au concept introduit par Doug McAdam de « conséquences biographiques de l'engagement » et de « high-risk activism », qu'est dans un premier temps posé par les sociologues. [...]
[...] L'article de Marie-Noëlle Abiyaghi et Ermina Chiara Calabrese apporte un complément intéressant dans le sens où il peut permettre d'interroger les conséquences d'une SOP répressive. Introduisant au concept de désengagement, on peut aborder grâce à elles les effets de cette SOP qu'elles mentionnent : « contestation ou loyauté envers le régime syrien, l'aide solidaire ou la violence armée, les exit volontaires ou forcés ». L'apport d'une analyse par carrière permet alors de compléter une analyse plus structurale - comme le propose Mathilde Zederman à travers son analyse du milieu partisan tunisien. [...]
[...] Militer en contexte d'exil Selon un sens commun politique mais aussi scientifique, on pourrait considérer que la guerre entraîne l'arrêt complet, presque immédiat, de toute forme d'activité militante. Que ce soit la mort, les destructions matérielles, les fuites successives, les déplacements forcés ; chaque conséquence de la guerre se poserait comme un obstacle à tout militantisme. Pourtant, l'étude de Chiara Calabrese démontre le contraire. Selon elle, « la guerre peut constituer une ressource politique et contribuer à revigorer des causes et des entreprises politiques établies Elle peut raviver des idéologies et des réseaux séculaires moribonds ». [...]
[...] Partis politiques tunisiens pro et anti-régime Ben Ali en France - Mathilde Zerderman (2019) - Comment les situations de crises politiques (exils, guerres, départs forcés) recomposent-elles les pratiques militantes ? I. Le militantisme sous contraintes : prendre en compte le rôle de l'État et l'exil forcé militant Si les dispositions méthodologiques des articles nous invitent à décentrer notre regard et lutter contre tout ethnocentrisme scientifique, elles permettent d'interroger le militantisme « sous contrainte », c'est-à-dire, ici, dans un contexte de guerre ou d'immigration. [...]
[...] Marie-Noëlle AbiYaghi et Ermina Chiara Calabrese insistent sur la compréhension des enjeux des relations entre les Etats car elles déterminent les recompositions des pratiques militantes. C'est en ce sens que les autrices se saisissent des concepts de « circulation », « transmission ». Car bien que « les circulations d'individus, de familles et de groupes préexistent aux constructions étatiques », il n'empêche qu'ils sont agis par des contextes précis : la guerre, l'exil, et que ces contextes déterminent les pratiques militantes. L'intérêt donc de comparer les politiques permet d'insister sur les liens entre les Etats et entre les populations qui conditionnent l'activité militante. [...]
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