Marie-Noëlle Abi-Yaghi, Erminia Chiara Calabrese, Mathilde Zerderman, militantisme, migration, exil, mouvements sociaux, SOP Structures des Opportunités Politiques, partis politiques tunisiens, répression politique, guerre, Syrie, Liban, Tunisie, France, association, lobbying, activisme politique, violence, engagement politique, Ben Ali, sociologie, Bachar el-Assad
Au regard des deux articles dont nous devons faire la fiche de lecture comparée, force est de constater que les deux contributions s'articulent autour de thématiques communes, comme la compréhension des dynamiques transnationales et surtout une analyse des mouvements sociaux et politiques autour de la question migratoire. C'est donc dans cette optique que nous allons effectuer notre présente réflexion.
Dans cette perspective, la problématique centrale de l'article de Marie-Noëlle Abi-Yaghi et Erminia Chiara Calabrese s'articule autour de la compréhension des dynamiques du militantisme dans un contexte de guerre, de répression et d'exil, en se focalisant sur les interactions complexes entre le Liban et la Syrie.
La vision de Mathilde Zerderman dans sa contribution peut aisément se rapprocher de l'article précédent. Au regard de son expérience, la problématique de son article va être de rendre compte des dynamiques de l'engagement politique des Tunisiens en France, et plus précisément, de la manière dont les partis politiques tunisiens, qu'ils soient pro ou anti-régime, parviennent à maintenir un sentiment d'appartenance et à exercer une influence à distance.
[...] Dès lors, il y a de facto une prise compte dans l'article de la thématique des mouvements sociaux transnationaux et de la sociologie politique en lien avec l'exil et les migrations. Pour information, Mathilde Zederman est une chercheuse en science politique dont les travaux se concentrent sur l'engagement politique en exil, en particulier celui des Tunisiens en France. Cela explique son haut degré d'expertise sur la question des migrations. C'est donc au regard de son expérience que la problématique de son article va être de rendre compte des dynamiques de l'engagement politique des Tunisiens en France, et plus précisément, de la manière dont les partis politiques tunisiens, qu'ils soient pro- ou anti-régime, parviennent à maintenir un sentiment d'appartenance et à exercer une influence à distance. [...]
[...] Les militants/combattants ont dû faire face à des bombardements, à des massacres et à des violations des droits humains. La fragmentation du pays et la présence de différents groupes armés ont rendu la situation complexe et dangereuse. Les militants ont dû naviguer dans un environnement incertain et en constante évolution notamment en constituant des ressources politiques en lien avec de l'idéologie par exemple (p.17). Dans les deux cas, les contextes de répression et de guerre ont profondément influencé les formes de militantisme. [...]
[...] C'est pourquoi, suivant ces contributions précieuses à la recherche sur le militantisme, les conflits et les migrations, qui nous offrent des clés de compréhension essentielles pour analyser les dynamiques politiques et sociales au Moyen-Orient et au Maghreb, il est possible d'interroger les continuités actuelles de ces transformations et de ces adaptations dans les cas syriens et tunisiens. Surtout à l'heure où la Syrie doit gérer une société débarrassée du clan Assad et où la Tunisie s'enfonce dans l'incertitude politique avec une instabilité toujours structurelle. [...]
[...] En effet, en réponse à notre problématique, que ce soit en examinant les réseaux militants qui se transforment et s'adaptent face à ces défis, et comment les individus s'engagent et se mobilisent dans des contextes de violence et d'incertitude dans le cas syrien ou le fait de rendre compte des complexités de l'activisme politique transnational, en mettant en évidence les stratégies, les défis et les transformations de l'engagement politique tunisien en France, il est donc possible de mieux appréhender la question migratoire et de l'exil en lien avec sociétés. [...]
[...] Dans le cadre de notre présente réflexion et suivant ces deux présentations techniques, nous avons cristallisé la problématique de notre fiche de lecture croisée de la façon suivante : Dans quelle mesure la question de la migration et de l'exil permet de mieux apprécier les mouvements sociaux au regard des transformations et des adaptations des sociétés face aux défis générés par les crises politiques, la répression voire la guerre ? Pour ce faire, nous débuterons notre développement par le fait de s'intéresser sur le maintien de l'engagement à distance et rôles des communautés en exil. [...]
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