Croisades, Bernard de Clairvaux, Église catholique, Guerre sainte, chevalerie, Jérusalem, Christ, violence religieuse, Moyen-âge, Djihadisme, conflit inter-religieux, Méditerranée médiévale
Le texte présent est un extrait du prêche de l'abbé Bernard de Clairvaux, fondateur de l'ordre homonyme, intitulé « De Laude novae militiae » (Éloge de la nouvelle chevalerie), et prononcé en 1145, à l'aube de la Seconde croisade.
[...] L'Esprit de la croisade - Jean Richard (1969) - Comment Bernard de Clairvaux justifie-t-il la violence des croisades ? Le texte présent est un extrait du prêche de l'abbé Bernard de Clairvaux, fondateur de l'ordre homonyme, intitulé « De Laude novae militiae » (Éloge de la nouvelle chevalerie), et prononcé en 1145, à l'aube de la Seconde croisade. Conseiller des Papes, celui-ci incite ici les Chrétiens dans leur ensemble, et plus concrètement les chevaliers des pays chrétiens d'Occident, à réagir à l'engagement des armées musulmanes qui ont repris le comté d'Edesse en Orient et menacent l'établissement des croisés en Terre Sainte. [...]
[...] Là encore, cette considération part d'une conviction de supériorité des « croyants » sur les « mécréants ». L'on sait qu'au milieu du XIIème siècle, les croisades sont encore plus proches de leur commencement que de leur terme. Dans une Europe très largement chrétienne et convaincue de l'importance de libérer le tombeau du Christ, personne ne remettra en question la parole du Pape et d'importants hommes d'église comme Clairvaux, et son prêche, comme d'autres avant lui, vont faire se mettre en route des centaines de chevaliers, amenant à une poursuite de longues guerres en Terre Sainte. [...]
[...] Clairvaux déclare, en évoquant le croisé, que « CITATION 1. » Clairvaux justifie ici clairement la violence et le meurtre par le caractère saint, au nom de la religion et du Christ, de celle-ci, de même que plus loin il estime qu'en l'état actuel, il est préférable de procéder au meurtre des infidèles. Nous savons que cela entre en contradiction avec le commandement présent dans toutes les religions interdisant de tuer. Ici l'interprétation est celle selon laquelle toutes les vies ne se valent pas dès lors que certaines sont contraires à la religion chrétienne. [...]
[...] A notre avis, c'est bien ce type d'appel qui banalisera, au cours des siècles, la violence inter-religieuse. Alors qu'à notre époque, la place de la religion, ou plutôt d'interprétations très spécifiques de la religion dans les conflits actuels continue d'être évoquée (djihadisme?) l'on peut sans aucun doute s'interroger sur l'origine médiévale, de prêches comme celui-ci, de ces guerres qui continuent de faire de nombreuses victimes prétendument au nom de Livres qui commandent pourtant explicitement de ne pas tuer. [...]
[...] Il doit également renforcer le courage des guerriers en leur promettant, en cas de mort, de rejoindre le Christ et de bénéficier de ses faveurs, soit une bénédiction éternelle, arguant que la mort « CITATION 2 » Il faut rappeler qu'au Moyen Age, la ferveur chrétienne est très forte et la promesse du paradis constitue donc une motivation majeure pour se comporter en suivant les préceptes de l'Église. Il est attendu que, croyances religieuses oblige, cette conviction renforce la détermination du croisé à se battre jusqu'au bout sans craindre la mort. Enfin, il est rappelé dans le même texte que la finalité implicite de cette guerre sainte reste un objectif territorial, et que derrière la « guerre sainte » reste présent un enjeu de conquête, qui est bien la raison première de l'appel à la croisade. [...]
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