Les Raisons du tableau, L'Origine de la perspective, Hubert Damisch, peinture, esthétique, théorie de la perspective, Filippo Brunelleschi, géométrie, perspective géométrique, renaissance, point de distance, point de fuite, Antonio Manetti, Robert Klein, Desargues, Alberti, construction du tableau, Leon Battista Alberti, analyse artistique, métaphysique de l'art, théorie artistique, traité de perspective, Manetti
Le texte que nous allons analyser dans ce commentaire est le chapitre « Les Raisons du tableau », issu de L'Origine de la perspective de Hubert Damisch, philosophe français spécialisé en histoire de l'art et en esthétique. Damisch est à l'origine d'un courant de l'histoire de l'art qu'on nomme « iconologie analytique », c'est-à-dire une pratique qui analyse les fondements du tableau peint.
Le chapitre que nous étudions ici analyse ce qui est considéré comme le point de départ de ce système.
[...] De plus, ces deux hypothèses correspondent respectivement à un angle de visée de 90° et à un angle de visée de 50°. Dans la suite de son analyse, Damisch se demande si l'expérience de Brunelleschi n'aurait pas mis au point le concept de « point de distance », à savoir « un point extérieur au champ du tableau, mais pris dans le même plan et sur la ligne qui en fait l'horizon, et qui servirait de pôle de référence pour déterminer du rythme relatif de la diminution des quantités transverses, de la rapidité du raccourci en fonction de l'éloignement ». [...]
[...] Ainsi, quelles nouveautés l'analyse de Damisch apporte-elle à notre connaissance de la naissance de la perspective ? Nous analyserons dans un premier temps la méthode adoptée par Damisch dans ce chapitre de L'Origine de la perspective, avant de nous interroger dans un second temps sur les conclusions auxquelles il aboutit grâce à l'usage de cette méthode. Enfin, nous nous intéresserons aux apports de cette analyse pour l'histoire de l'art, et plus particulièrement sur l'histoire de la perspective et de la peinture de la Renaissance. [...]
[...] A partir de ces éléments, Damisch élabore une analyse détaillée des interprétations et des hypothèses préalables à son étude, faites par d'autres théoriciens et historiens de l'art, pour ensuite les valider ou au contraire les contester. En effet, le chapitre débute par un paragraphe nous indiquant qu'avant de faire sa démonstration proprement dite, Damisch va faire une sorte d'état des lieux des « informations dont nous disposons d'ores et déjà » au sujet du système mis en place par Brunelleschi. On le voit également à la manière dont il emploie des formules telles que « certains voudraient que », ou encore « mais l'argument [ . [...]
[...] Pour étudier cette question, Damisch retourne à la source c'est-à-dire au texte de Manetti. Selon l'hypothèse de Robert Klein, le point de distance est situé sur le bord du tableau de Brunelleschi ; Damisch rappelle une hypothèse contraire, celle de Desargues qui place ce point plutôt à l'extérieur du tableau, au-delà de ses limites. A la fin de cette démonstration particulièrement sur l'angle de visée et la localisation du point de distance, Hubert Damisch en arrive à une conclusion relativement ouverte : peut-être que Brunelleschi voulait délibérément créer ces deux options afin de laisser le spectateur libre de choisir à sa convenance. [...]
[...] De plus, Hubert Damisch analyse ce que ce nouveau système de représentation implique pour la peinture et sa signification. En effet, comme la démonstration de ce chapitre le prouve, un édifice représenté en perspective implique qu'il est vu depuis un point très précis, donc astreint à un système de coordonnées déterminés au préalable par l'artiste. Hubert Damisch met ainsi en évidence le fait que ce système perceptif utilisé par Filippo Brunelleschi ne correspond donc pas à la perception du monde que nous avons dans la réalité lorsque nous observons un édifice tel que le baptistère. [...]
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