Psychiatrie, schizophrénie, patient, soignant, langage thérapeutique, relation thérapeutique, distance thérapeutique, tutoiement, vouvoiement, confiance, soin, ETP Éducation Thérapeutique du Patient, relation soignant-soigné, expérience des soignants, patient psychotique, intimité, prise en soin
Faut-il tutoyer ou vouvoyer son patient ? Telle est la question que se posent parfois bon nombre de soignants dans le cadre de leur activité. Dans le domaine du soin tout particulièrement, le langage revêt une importance majeure, d'autant plus dans le soin administré dans le domaine de la psychiatrie, où le langage constitue un outil thérapeutique de premier plan visant à déterminer les besoins du patient, mais aussi à établir une relation de confiance indispensable pour l'aider.
[...] Ainsi, le tutoiement n'influence pas négativement la prise en charge des patients psychotiques, et n'altère pas la thérapie puisqu'au contraire, cela permettrait de travailler, entre autres, sur le déni. En conclusion, le tutoiement des personnes psychotiques n'altère par la relation thérapeutique et permet, au contraire, de favoriser l'adhésion aux différents soins et d'instaurer une relation de confiance entre le patient et le soignant, sans pour autant qu'il y ait une quelconque confusion des rôles ou dans la relation. Dans ce cadre-là, le « tu » est devenu le nouveau « vous ». [...]
[...] En revanche, le tutoiement s'utilise dans la sphère privée, avec les proches et induit ainsi une notion de familiarité et d'intimité. Cependant, le tutoiement peut aussi revêtir une notion bien plus négative lorsqu'il est utilisé avec un inconnu : il peut être interprété comme un manque de respect, comme du mépris. C'est pourquoi à priori, le vouvoiement semble être le langage le plus adapté avec le patient. Pourtant, il semble ne pas toujours être si évident que cela de savoir quel type de langage adopter avec son patient et certains facteurs peuvent influencer ce choix. [...]
[...] En quoi le tutoiement influence-t-il la distance thérapeutique dans la prise en soin d'un patient schizophrène ? En quoi le tutoiement influence la distance thérapeutique dans la prise en soin d'un patient schizophrène ? La notion de tutoiement dans la sphère médicale au sens large représente un sujet qui semble avoir fait émerger un certain nombre d'interrogations au sein du corps médical. En effet, le langage utilisé entre le soignant et le soigné, la manière de s'adresser au patient revêt une certaine importance : faut-il être familier ou garder ses distances ? [...]
[...] La notion de « juste-distance » se révèle être au c?ur de la manière avec laquelle le soignant va s'adresser au patient. En effet, il faut à la fois être proche du patient pour lui fournir le meilleur soin possible, tout en distanciant cette relation si cette dernière devient trop proche, au risque de générer de la confusion. Ainsi, le tutoiement et/ou le vouvoiement sont des notions qui font appel à plusieurs paramètres, à savoir, la théorie, mais aussi l'expérience. En outre, d'autres facteurs viennent déterminer ce choix de pronom. [...]
[...] Cela vaut pour les patients psychotiques, et donc schizophrènes, qui semblent avoir besoin de ce tutoiement, parfois, pour que la confiance soit bien installée et que l'adhésion à l'administration des soins se fasse facilement. En outre, le sexe du patient peut être déterminant dans le choix du pronom. Alors que les soignants masculins peuvent choisir de tutoyer une patiente féminine, les soignantes féminines se garderont plus souvent de tutoyer leur patient masculin, et ce pour éviter tout risque d'érotisation de la relation. [...]
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