Sécurité Sociale, médicaments génériques, santé, prix des médicaments, concurrence, industrie pharmaceutique, politique de santé, régulation des prix, Comité économique des produits de santé, dépenses de santé publique, marché des médicaments, santé publique, vieillissement de la population, assurance maladie, déficit public, enjeux économiques, économie de la santé
Le médicament se distingue des autres produits de consommation de par ses spécificités. Il porte en effet sur un domaine fondamental, celui de la santé publique, qui ne peut être soumis aux lois du marché. De plus, il se caractérise par un mode de financement très spécifique, puisqu'il est pris en charge, partiellement ou en totalité par la Sécurité sociale. Dans le même temps, les dépenses de santé s'accroissent ces dernières décennies en France du fait du vieillissement de la population.
Dans ce contexte, le développement des médicaments génériques à partir des années 90 constitue un des piliers de la réforme de la Sécurité sociale de cette période et un levier de réduction des dépenses sociales. (...).
Il devient ainsi un axe majeur des gouvernements Balladur puis Juppé avec, pour objectif, une maîtrise des dépenses de santé en matière de remboursement des médicaments.
[...] Toutefois, si l'écart est trop restreint, la demande de générique est nulle. D'autres études montrent que la tarification des producteurs de génériques est négative à cause d'une concurrence plus intense (cf. Snoussi, 201516). Enfin, il s'avère que la qualité et la fiabilité de certaines catégories de génériques ne serait pas aussi équivalente que les originaux d'après l'Académie de Médicine17. Les doutes portent sur les « antiépileptiques, les anticoagulants, les hypoglycémiants et la thyroxine » (Le Figaro février 201218). La prudence est de mise comme le recommande l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, en particulier pour les personnes à risque. [...]
[...] Il devient ainsi un axe majeur des gouvernements Balladur puis Juppé avec pour objectif, une maîtrise des dépenses de santé en matière de remboursement des médicaments. Par conséquent, il est pertinent de s'intéresser aux enjeux que revêtent les médicaments génériques (section leur efficacité réelle à travers la consommation par les patients et s'ils permettent de réduire efficacement le déficit de la Sécurité Sociale (section 2). Section 1. Les enjeux associés aux médicaments génériques Il existe deux formes de médicaments : ceux brevetés produits par des laboratoires de princeps et les génériques, qui sont équivalents. Le brevet protège les médicaments princeps. [...]
[...] Conclusion Les principes de justice sociale reposent sur la promotion de la santé publique et l'équilibre des dépenses d'Assurance maladie. Dans ce contexte, le développement des génériques revêt de multiples enjeux pour les différentes parties prenantes (stakeholders), que ce soit du côté des organismes d'assurance maladie et de l'Etat, des pharmaciens, des docteurs, des firmes pharmaceutiques et pour les patients. En particulier, il est possible de réduire l'épineux problème du déficit de la Sécurité Sociale en privilégiant la consommation des médicaments génériques au lieu des originaux. [...]
[...] Ainsi, les mieux couverts par l'assurance maladie ne sont pas sensibles aux prix et aux coûts, contrairement à ceux qui sont moins bien pris en charge, qui achèteront alors des génériques. Frank et Salkever (199710) étudient 32 médicaments, dont le brevet a expiré sur la période 1980-85. Ils trouvent une hausse du prix des principes de à chaque fois qu'un générique est introduit alors que le prix de ce dernier diminue en moyenne entre et 7,2 Aronsson, Bergman et Rudholm (200111) se focalisent sur la Suède et prennent en compte douze médicaments princeps concurrencés par les génériques. [...]
[...] Toutefois, la variation du prix des princeps est délicate à expliquer. Pavcnik (200213) s'intéresse au cas de l'Allemagne et prend en compte le changement du système de remboursement sur le prix des antidiabétiques (à prise orale) et des antiulcéreux de 1986 à 1996. Ainsi, après la modification de l'assurance, les prix chutent de en moyenne pour les premiers avec une baisse de pour les génériques et de pour les princeps ; et il en est de même avec les antiulcéreux. Bergman et Rudholm (200314) étudient sur le cas suédois l'impact la présence de générique et de la concurrence potentielle, c'est-à-dire lorsque le brevet du princeps expire mais qu'il n'existe pas encore de générique, sur les prix sur vingt-quatre ans (1972 à 1996). [...]
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