Émile ou de l'éducation, Rousseau, liberté, déterminisme naturel, volonté, causalité, Spinoza, Descartes, libre arbitre
Rousseau pense que l'homme est libre, il n'est pas le produit passif des causes extérieures, il est le principe actif de ses actions intelligentes et volontaires : il est sa propre cause.
[...] Et quelle est la cause qui détermine mon jugement ? C'est ma faculté intelligente ; la cause déterminante est en moi-même. Sans doute je ne suis pas libre de ne pas vouloir mon propre bien : mais ma liberté consiste en cela même que je ne puis vouloir que ce qui m'est convenable, ou que j'estime tel, sans que rien d'étranger à moi me détermine. S'ensuit-il que je ne sois pas mon maître, parce que je ne suis pas le maître d'être un autre que moi ? [...]
[...] Émile, ou De l'éducation - Rousseau (1762) - La condition de l'homme face au déterminisme naturel "« Nul être matériel n'est actif par lui-même, et moi je le suis. J'ai un corps sur lequel les autres agissent et qui agit sur eux ; mais ma volonté est indépendante de mes sens : je consens ou je résiste, je suis vaincu ou je suis vainqueur, et je sens parfaitement en moi-même quand je fais ce que j'ai voulu faire, ou quand je ne fais que céder à mes passions. [...]
[...] » Thème : La condition de l'homme face au déterminisme naturel/ la situation de l'homme face à la loi de causalité. Thèse : l'homme est libre, il n'est pas le produit passif des causes extérieures, il est le principe actif de ses actions intelligentes et volontaires : il est sa propre cause. Enjeux : Le mécanisme de la Mettrie (corps humain = machine), le matérialisme du Baron d'Holbacq qui dit a. que tout a une cause et est le produit d'une cause naturelle b. qu'il n'y a donc que des causes et des effets et donc jamais d'actions libres mais que des actions nécessaires comme effets nécessaires de causes) Ces deux théories soutiennent que l'homme n'est que le produit d'un mécanisme corporel et soumis aux causes extérieures naturelles qui le détermine à être ce qu'il est. [...]
[...] Rousseau veut donc formuler un argument pour défendre l'unicité de l'humain, et pour cela va attaquer la conception de sa causalité externe en revendiquant une causalité interne. L'homme est sa propre cause. "« Nul être matériel n'est actif par lui-même, et moi je le suis. J'ai un corps sur lequel les autres agissent et qui agit sur eux ; mais ma volonté est indépendante de mes sens : je consens ou je résiste, je suis vaincu ou je suis vainqueur, et je sens parfaitement en moi-même quand je fais ce que j'ai voulu faire, ou quand je ne fais que céder à mes passions. [...]
[...] Quand je me livre aux tentations, j'agis selon l'impulsion des objets externes. Quand je me reproche cette faiblesse, je n'écoute que ma volonté : je suis esclave par mes vices, et libre par mes remords ; le sentiment de ma liberté ne s'efface en moi que quand je me déprave, et que j'empêche enfin la voix de l'âme de s'élever contre la loi du corps. Plan de commentaire Ligne 1 à 7 : Concession partielle à la loi de causalité et au déterminisme : Oui il existe bien des causes extérieures qui s'imposent à nous mais il y a aussi une résistance qui signifie donc qu'il y a autre chose que le seul déterminisme, sinon il n'y aurait pas un sentiment de pas se sentir libre quand on est dominé par des forces supérieures qui vont contre notre volonté. [...]
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