Le Gai Savoir, Nietzsche, science, religion, philosophie des sciences, foi, croyance, vérité, doute, esprit critique, hypothèses, recherche scientifique, épistémologie, conviction
Les religions et les sciences ont souvent été opposées. Nietzsche, dans Le Gai Savoir, publié en 1882, expose que la science n'est pas toujours vraie et que la recherche scientifique nécessite une forme de croyance. Cette croyance de départ guide le scientifique dans sa recherche.
[...] Dans quelle mesure la science délivre une vérité objective quand elle est, elle-même, conduite par des croyances subjectives ? Dans une première partie, nous verrons que Nietzsche rapproche la science de la religion en indiquant comment celle-ci est conduite par celle-là. Ensuite, dans une seconde partie, nous analyserons le fait que la foi ne peut être le seul motif à la science car celle-ci conduirait à erroner les résultats des recherches. I. La science provient de la foi 1. La foi comme hypothèse Nietzsche affirme que la science repose sur la foi. [...]
[...] Le Gai Savoir, Extrait - Nietzsche (1882) - Dans quelle mesure la science délivre-t-elle une vérité objective quand elle est elle-même conduite par des croyances subjectives ? « De quelle manière, nous aussi, nous sommes encore pieux. On dit, à bon droit, que, dans le domaine de la science, les convictions n'ont pas droit de cité : ce n'est que lorsqu'elles se décident à s'abaisser à la modestie d'une hypothèse, d'un point de vue expérimental provisoire, d'un artifice de régulation, que l'on peut leur accorder l'entrée et même une certaine valeur dans le domaine de la connaissance, à une condition encore, c'est qu'on les mette sous la surveillance de la police, de la police de la méfiance bien entendue. [...]
[...] La vérité n'est pas non plus l'opposéé de la foi. Il ne faut pas nier la foi pour percevoir la vérité. La science doit être critique à l'égard de la foi, mais doit s'appuyer sur la foi pour conceptualiser ses hypothèses. La confiance doit être égale à la méfiance : foi et critique doivent s'entremêler. La science puise sa force en la foi, du moment que cette foi est mise en cause par le doute. Nous pouvons dire que la science repose finalement sur des croyances. [...]
[...] Cette foi, indispensable dans la recherche d'hypothèses, doit être critiquée pour en préserver la rigueur. Pour Nietzsche, il faut croire en ses hypothèses pour les expérimenter mais douter de ses résultats dans la mesure où ceux-ci s'appuient sur des croyances initiales. La science ne peut se réclamer d'une certitude absolue. Douter est un moyen de faire mieux, de poursuivre la recherche, d'aller au-delà des premiers résultats. La véritable science maîtrise la croyance pour s'approcher toujours plus près de la vérité. [...]
[...] Selon Nietzsche : « La question de savoir si la vérité est nécessaire doit en être faite de façon à ce que le principe, la foi, la conviction y soient exprimés ». La foi est donc nécessaire mais, pour garder cette vérité intacte, il est nécessaire de maîtriser la foi, et cela au moyen du doute. Alors que la foi de la religion ne laisse pas place au doute ; celle de la science doit constamment douter pour être réétudiée et conservée dans sa véracité. [...]
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