Âme, corps, dualisme, Platon, physique quantique, philosophie orientale, Marcel Jouhandeau, religion judéo-chrétienne, hypnose, substance immatérielle, substance matérielle
Le corps est la partie matérielle et visible de l'être humain, tandis que l'âme est sa partie immatérielle et invisible, son principe de vie et de pensées. Or, si l'existence d'un dualisme entre le corps et l'âme fait globalement l'objet d'un accord et est devenue la manière classique dont nous conceptualisons l'être humain en Occident, la relation qui unit le corps et l'âme est sujette à débat. L'âme étant immatérielle et ayant une connotation d'ordre divine, nous tendons à l'envisager comme supérieur au corps, dont la matérialité limite et enferme l'âme jusqu'à notre mort. Le corps semble ainsi être la prison de l'âme.
[...] De plus, la physique quantique défie aussi notre conception traditionnelle du corps. Elle met en lumière que les substances physiques (et donc le corps) ne sont qu'échange et réservoir d'énergie. Or, il n'est pas rare que l'âme est été définie comme forme créatrice, comme lumière ou comme force motrice. Selon ces conceptions, l'âme et le corps semblent être faits de la même chose : d'énergie. Le dualisme reposant sur leur différence de nature est ainsi remis en cause, tout comme la conception classique de leur relation. [...]
[...] Selon cette conception, le corps est la prison de l'âme. Nous pouvons tout d'abord remarquer que cette thèse coïncide avec les dogmes et les mythes des religions judaïque et chrétienne. D'après la religion chrétienne, l'âme est immortelle, tandis que le corps a une durée de vie limitée. Après la mort, l'âme seule se rend au Paradis ou en Enfer, qui peuvent être considérés comme des dimensions inaccessibles à l'âme, lorsqu'elle est liée à un corps. Le corps limite donc les possibilités de l'âme. [...]
[...] L'âme ne peut donc accéder à la vérité par les perceptions du corps. D'après Platon, l'âme doit reconnaître que ces perceptions sont trompeuses et s'en libérer grâce à la philosophie, c'est-à-dire à la réflexion et à la pensée, pour connaître la vérité. Cette démarche est néanmoins difficile, puisque les plaisirs (sentiment de satiété, de douceur?) et les peines (souffrance, faim, soif?) du corps poussent sans cesse l'âme à s'identifier au corps et renforcent la croyance en la vérité des perceptions du corps. [...]
[...] Aussi est-ce légitime de renverser la conception classique des relations entre corps et âme et de se demander : L'âme est-elle la prison du corps ? Pour répondre à cette question, nous allons commencer par analyser la conception classique des relations corps-âme, en envisageant le corps comme prison de l'âme. Puis, nous prendrons le contre-pied de cette thèse, en analysant l'idée qu'au contraire, c'est l'âme qui limite et enferme le corps. Face aux paradoxes auxquels chacune de ces thèses nous conduisent, nous tenterons de résoudre cette aporie en envisageant le corps et l'âme, autrement que par le prisme de l'existence d'un dualisme en eux. [...]
[...] Mais pourquoi envisager l'âme comme une prison, comme un facteur limitant pour le corps ? Si l'âme se rapproche du divin, pourquoi la considérer comme limitante ? Le philosophie Michel Foucault dans Surveiller et punir a mis en exergue le fait que l'âme d'un individu fait l'objet d'un assujettissement, d'un façonnage par le pouvoir en place dans une société donnée. Le philosophe souligne ainsi que si l'âme est faculté de penser, les pensées produites par l'âme, qui déterminent les actions du corps, sont conditionnées par la société, dirigée par un organe de pouvoir. [...]
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