Jean Duns Scot, religion, théologie, scolastique, croyance, infini, infini extensif, infini intensif, métaphysique, ontologie, phénoménologie, essence divine
Jean Duns Scot (1266 - 1308), théologien et philosophe d'origine écossaise, est le fondateur de l'école scolastique dite scotiste. La complexité de sa philosophie lui vaudra le surnom de « Docteur Subtil ». Jean Duns Scot sépare nettement la philosophie de la théologie, mais en utilisant parfois l'un pour pallier l'autre. Il est particulièrement intéressé de tirer des conséquences rationnelles du dogme de la liberté de la création divine.
Au préalable, avant de justifier l'instauration d'un infini intensif pour Dieu, nous verrons ce que représente l'être pour Jean Duns Scot.
[...] On peut prendre pour exemple le fait que l'homme est un être mortel par essence. Quant à l'existence, elle correspond plutôt à ce qui est extérieur à l'être, elle s'ajoute à l'extérieur de l'être. Le verbe « exister » a pour étymologie le mot latin « existere » qui signifie « être en dehors, sortir de ». L'existence représente la quête de soi-même, être en dehors de soi-même. Jean Duns Scot porte son intérêt avant tout à l'essence des choses. Sa métaphysique est par conséquent quidditative. [...]
[...] Cependant, qu'est-ce qui permet à Jean Duns Scot d'amener l'infini intensif pour qualifier Dieu et d'attribuer l'infini extensif au monde ? L'infini extensif ne conviendrait point pour Dieu mais bien pour le monde, sachant que tout ce qui est produit est produit par autre chose et qu'on ne peut remonter à l'illimité. Qu'est-ce qui permet de distinguer l'infini intensif de l'infini extensif ? Au préalable, avant de justifier l'instauration d'un infini intensif pour Dieu, nous verrons ce que représente l'être pour Jean Duns Scot. [...]
[...] C'est ainsi qu'il sera plus aisé pour Jean Duns Scot d'établir l'existence de Dieu, être infini intensivement. [1.3. Un être infini à l'essence simple] Maintenant que les êtres, y compris Dieu, sont sur le même niveau égalitaire, Jean Duns Scot va déterminer l'infini de l'essence divine dans sa simplicité car tous les êtres simples ne sont pas nécessairement infinis. En effet, l'être simple peut aussi être un être fini. Le fait que Dieu est un être infini ne constitue pas un obstacle à la simplicité de son essence. [...]
[...] - ZAHAVI Dan et BOUCHER Dominique, (Octobre 2008), « Les Etudes Philosophiques - La métaphysique dans la culture », Editions Belin, pp. 499-517. - SWIEZAWSKI Stefan, (1990), « Histoire de la philosophie européenne au XVème siècle. », Editions BEAUCHESNE, Chapitre pp. 80-85. - DUNS SCOT, (Copie publiée en 2015), « Sur la connaissance de Dieu et l'univocité de l'étant », Edition Epiméthée. - GILSON Etienne, (1952), « Jean Duns Scot : Introduction à ses positions fondamentales. », Librairie Philosophique J. VRIN. Article. - Hayen André. « Deux théologiens : Jean Duns Scot et Thomas d'Aquin », Revue Philosophique de Louvain, Troisième série, tome 51, n° pp. 233-294. [...]
[...] En effet, en ce qui concerne Dieu, Jean Duns Scot n'utilisera point l'inachevé d'Aristote, ou l'infini quantitatif et extensif plus approprié à la raison humaine. Jean Duns Scot doit donc amener un infini intensif qui n'est autre que la plus haute perfection, un infini en acte et non en puissance comme l'infini extensif à caractère quantitatif. [III. De l'infini extensif à l'infini intensif.] Enfin, la connaissance de l'existence d'un Dieu infini intensivement, amène Jean Duns Scot à élaborer un infini intensif sans pour autant mettre de côté l'infini extensif. [...]
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