Iconographie romaine, nationalisme romain, identité romaine, mythe d'Énée, légende de Romulus, civilisation latine, pouvoir impérial, Auguste, empereur romain, Énéide, art romain, histoire de l'art, identité nationale, conquête romaine, civilisation romaine, antiquité romaine, mythes fondateurs, iconographie impériale, pouvoir politique, image impériale, Antonin le Pieux, Corneille, tragédie romaine, Pompéi, peintures murales, Énée, Ascagne, Anchise, Palladion, Hispanie, identité culturelle
« Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis », faisait dire Corneille au personnage de Sertorius, dans sa tragédie éponyme. Il signifiait par-là que l'identité dépasse les murs de la cité. Pour Rome, les primordia Urbis sont le socle d'une identité puissante, et l'iconographie de ces origines, l'ensemble des représentations figurées de la geste d'Énée et de Romulus sur les monnaies, les reliefs et les statues, semblent au premier abord porter un projet purement « nationaliste ». Ce terme, bien qu'anachronique pour l'Antiquité, désigne ici la volonté d'exalter la supériorité d'un peuple par ses racines.
[...] De même, le groupe iconographique d'Énée fuyant Troie avec son père Anchise sur les épaules et son fils Ascagne à la main définit Rome comme une civilisation héroïque. Sur les camées et les gemmes de l'époque républicaine, cette image souligne la pietas, vertu présentée comme spécifiquement romaine. En se revendiquant de Troie, Rome se forge une généalogie qui rivalise avec celle des Grecs, affirmant que sa nation ne sort pas de nulle part, mais d'une souche royale et antique qui lui donne le droit de commander aux autres nations. [...]
[...] Si elle est l'emblème de la cité, elle s'évade vers la sphère de l'intime lorsqu'elle apparaît sur des sarcophages d'enfants pour signifier la tendresse parentale. Dans ce contexte, l'image s'éloigne de la notion de puissance nationale et sert un langage humain universel. Enfin, l'iconographie des origines de Rome n'est pas « essentiellement » nationaliste au sens d'une preuve unilatérale de sa supérioritée, car elle est tout à fait capable d'être réappropriée et retournée contre Rome elle-même. En effet, lors de la Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.), les peuples italiens révoltés utilisent les codes romains pour les subvertir. [...]
[...] De même, en 69 après J.-C., l'empereur Galba se fait représenter recevant le Palladion des mains d'Hispanie pour se présenter comme le nouveau dépositaire légitime du pouvoir, alors qu'il vient de s'en emparer par la force. En somme, l'iconographie des origines consolide l'obéissance des masses envers la nation. Mais loin d'être un outil d'exclusion, ces symboles finissent par dépasser le stade purement nationaliste pour devenir le langage d'une civilisation universelle. Tout d'abord, le choix du mythe d'Énée, héros troyen et de fait « étranger » , permet à Rome de se doter d'une origine « migratoire » qui facilite l'intégration et la projection des peuples étrangers à son iconographie. [...]
[...] Civilisation latine - L'iconographie des origines de Rome est-elle essentiellement nationaliste ? « Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis », faisait dire Corneille au personnage de Sertorius, dans sa tragédie éponyme. Il signifiait par-là que l'identité dépasse les murs de la cité. Pour Rome, les primordia Urbis sont le socle d'une identité puissante, et l'iconographie de ces origines, l'ensemble des représentations figurées de la geste d'Énée et de Romulus sur les monnaies, les reliefs et les statues, semblent au premier abord porter un projet purement « nationaliste ». [...]
[...] L'image de la Louve sert alors une révolte étrangère et échappe totalement au contrôle de sa nation. Car si le point de départ de cette iconographie est romaine, sa diffusion massive transforme le but initial, le nationalisme, en l'image d'une cité qui finit par se confondre avec le monde et dont les codes peuvent être parlants pour tous. Ainsi, l'iconographie des origines de Rome possède une racine indéniablement nationaliste : elle a été conçue pour exalter l'exceptionnalité d'un peuple et légitimer sa conquête du monde par un destin divin et à renforcer le pouvoir de l'empereur de ce même fait. [...]
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