Faculté de Théologie Protestante, Charles Gide, économie systémique, théoricien, humanisme, christianisme, économiste, physiocrate, ESS économie sociale et solidaire, IIIe République, liberté, droit naturel, christianisme social, ancien régime, solidarité, hegel, Karl Marx, Adam Smith, David Ricardo, méthodologie empirique, guerre de religion, Edouard de Boyve, Congrès de Marseille, Première guerre mondiale, protestantisme
Il apparaît, à première vue, étonnant de choisir l'étude de Charles Gide dans une recherche historique. D'abord, en tant qu'économiste, c'est surtout sa pensée qui a fait l'objet d'un travail de lecture. Ensuite, pour plusieurs raisons que nous essayerons d'éclaircir, il semble que cet auteur n'a pas marqué la mémoire collective malgré les apports essentiels qu'il apporta dans la réflexion sur l'économie sociale, le mouvement solidariste ou encore les structures associatives et coopératives. Ce « long silence » selon l'expression d'André Chomel a une signification d'autant plus forte qu'elle pourrait dessiner un champ où certains économistes occupent des places plus ou moins dominantes dans un espace concurrentiel. Cela est d'autant plus important que Charles Gide écrivit, avec Charles Rist, une Histoire des Doctrines économiques depuis les Physiocrates jusqu'à nos jours, auteur donc d'un ouvrage qui, par définition, trie, compartimente et parfois hiérarchise.
[...] Il convient néanmoins d'affirmer que cette inspiration religieuse n'est ni unique ni essentialisée pour notre entreprise. Il ne faudrait pas opposer l'influence protestante à d'autres mouvements, comme le socialisme politique ou les mouvements alternatifs anglais, qui ont participé à la concrétisation du mouvement coopératif français. Conclusion de la première partie Cette première partie a été l'occasion de revenir sur les racines biographiques de la vie de Charles Gide. Nous avons essayé de relever les déterminismes géographiques et familiaux de l'économiste. [...]
[...] Ces adversaires vont se voir d'autant plus nombreux que les prises de position de Charles Gide vont être critiques. Pendant la Première Guerre mondiale il s'évertue à défendre ce que Rémi Fabre à appeler un « pacifisme critique29 », pacifisme qui se trouve renforcé à la mort de son fils aîné et aux multiples blessures de son second fils. En somme, la pensée de l'économiste n'a jamais fait l'unanimité et est souvent cantonnée à l'étude d'une minorité intellectuelle, religieuse ou philosophique. Ces différents éléments mettent en exergue l'articulation constante chez Charles Gide entre la pensée et l'action concrète. [...]
[...] Les sources premières de l'organisation économique dessinent un modèle social à défendre ou à créer. En ce sens, il explique que l'un des objectifs de l'Ecole de Nîmes vise l'« éducation économique de la classe ouvrière par l'association coopérative; et un but plus éloigné : l'émancipation de la classe ouvrière par la transformation du salariat34 ». Ce discours qu'il développe tout au long de son cours au Collège de France sur le mouvement coopératif nîmois. De la solidarité comme loi La place de la solidarité dans la définition des relations économiques est alors primordiale. [...]
[...] Tout au long de sa carrière, ses travaux novateurs ont fait l'objet de critiques mais aussi d'intérêts de la part de la sphère académique et des sphères politiques et économiques. L'amélioration de ses postes académiques et de ses conditions matérielles lui offrent d'ailleurs une liberté : progressivement, il ne s'intéresse quasiment plus qu'aux questions coopératistes et produit une synthèse des projets menés à l'international. Nous avons vu que la pensée de Charles Gide ne saurait se réduire à ses écrits tant ses manifestations citoyennes ont été nombreuses. [...]
[...] Ainsi, à Paris, Charles Gide devient l'un des économistes importants, à la fois dans les relations professionnelles et personnelles qu'il noue avec Léon Bourgeois, Charles Rist voire Jean Jaurès. Décorés à plusieurs reprises, il échoue parfois comme lors de ses vaines tentatives de rentrer dans l'Académie des Sciences morales et politiques. Cette production de savoirs académiques légitimes qu'il contribue à développer a fait de lui un acteur clé des sphères intellectuelles de la première moitié du XXème siècle. Le 29 avril 1921, la consécration ultime lui est rendue : il intègre le Collège de France pour y enseigner la coopération. Il devient professeur honoraire dix années plus tard. [...]
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