La Poste, marché postal, monopole, libéralisation du marché, privatisation, ACERP Autorité de Contrôle des Activités Postales, secteur postal, concurrence, maîtrise des coûts, service public, directives européennes, Infrastructures, réseau de distribution, tarification, monopole natuel, SA Société Anonyme
La transformation de La Poste en société anonyme en 2010 a été considérée comme un prélude à la privatisation de celle-ci, mais également aussi à l'ouverture du marché postal - distribution de courrier - à d'autres acteurs.
Historiquement, le marché postal a longtemps été considéré comme un monopole naturel (...).
L'ouverture du marché postal à la concurrence remet cependant en cause la position de monopole naturel - sans forcément basculer dans une configuration de concurrence pure et parfaite.
[...] Le rôle de l'ACERP est de prévenir les effets adverses de cette situation, à savoir une tarification onéreuse, et une discrimination de second degré par les prix qui opèrerait un transfert de surplus intégral du consommateur vers le.s intervenant.s sur le marché postal. La réglementation joue ici un rôle favorable pour les deux parties du marché : la garantie de tarifs abordables pour les consommateurs augmente leur surplus, et l'évolution constante des investissements montre que les intervenants sur le marché postal voient dans leur activité une profitabilité positive, ce qui contribue également à leur propre surplus. Le surplus social - mesure de bien-être en microéconomie- étant la somme des deux, on peut conclure que la réglementation a des effets positifs dans l'ensemble. [...]
[...] En effet, un monopole naturel n'est pas profitable lorsque la détermination du prix de vente de son bien est calculée sur le coût marginal - ce dernier nie l'effet d'un coût fixe important sur la profitabilité de la firme. La multiplication des intervenants sur ce marché ne va donc pas profiter aux consommateurs, puisque toutes les firmes doivent subir un coût fixe élevé et prohibitif. Malgré tout, la poste est règlementée4 par les autorités publiques pour différentes raisons : la première est liée au lien ambigu entre monopole et bien-être agrégé. [...]
[...] Le marché postal en France : du monopole historique à libéralisation du marché La transformation de La Poste en société anonyme en 20101 a été considérée comme un prélude à la privatisation de celle-ci, mais également aussi à l'ouverture du marché postal - distribution de courrier- à d'autres acteurs2. Historiquement3, le marché postal a longtemps été considéré comme un monopole naturel : en effet, la distribution de courrier et de correspondance postale supposait la mise en place d'infrastructures coûteuses, dont le coût fixe ne peut pas être porté par une entreprise privée. [...]
[...] Le monopole naturel doit adopter ainsi une tarification moyenne plutôt que marginale, ce qui implique de jure un transfert de surplus du consommateur vers le producteur. Néanmoins, lorsque l'autorité publique intervient en imposant des tarifications-plafond (le tarif vert par exemple) elle garantit à la fois que les consommateurs dans leur majorité paieront des prix modiques - et donc augmenteront leur surplus- mais aussi à la poste un marché stable et garanti de demande, ce qui assure une certaine profitabilité. La démultiplication des tarifs - comme ceux des lettres suivies par exemple- assure aussi une discrimination de second degré, permettant à la poste de continuer à opérer un transfert de surplus par population ciblée, tout en réduisant le prix moyen par prestation. [...]
[...] L'ouverture du marché postal à la concurrence remet cependant en cause la position de monopole naturel - sans forcément basculer dans une configuration de concurrence pure et parfaite. En effet, la caractéristique principale du marché postal est l'importance des coûts fixes pour créer l'infrastructure d'exploitation, de tri et distribution du courrier. Source : ACERP, observatoire des activités postales. D'après l'observatoire des activités postales, les nouveaux intervenants - et concurrents de la poste- consentent depuis bientôt une décennie des investissements importants, suggérant que le monopole naturel tend plutôt à se dupliquer pendant un certain moment : à court terme, les opérateurs chercheront à contrôler les parts de marché des uns et des autres, à forcer ensuite des absorptions et fusions, afin de converger par la suite vers un seul opérateur, l'aboutissement logique du monopole naturel. [...]
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