Un contexte éducatif français peu propice à un enseignement de qualité
Le contexte français est marqué par une complexification du métier d’enseignant.
La première difficulté rencontrée est liée à l’hétérogénéité des classes, notamment marquées par une hausse du nombre d’élèves ayant des difficultés scolaires et des besoins éducatifs spécifiques, ainsi que de la proportion d’élèves réfugiés. Les enseignants subissent ainsi le revers de la médaille des politiques d’inclusion : le prix d’une meilleure intégration sociale semble actuellement être une dégradation des conditions d’enseignement.
Par ailleurs, plus de 80% déplorent des problèmes disciplinaires dans leurs classes : ils estiment que ces conditions engendrent une perte de 18% de temps scolaire afin de le consacrer à la discipline.
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Des formations inadaptées au contexte éducatif
6 ans après la réforme de la formation et du recrutement de l’enseignement, cette dernière est loin d’avoir convaincu nos jeunes enseignants français. Presque la moitié d’entre eux pensent en effet que leur formation initiale n’était pas d’une qualité suffisante pour les préparer à leur insertion. La plupart déplorent des lacunes en pédagogie, mais aussi des difficultés, pour une grande majorité, à affronter un « environnement multiculturel et multilingue » et le « développement des compétences sociales et émotionnelles » des élèves.
Malheureusement, la formation continue n’est pas là pour rattraper le tir. Elle est en effet jugée peu utile, avec seulement 35% des enseignants qui ont pu percevoir un impact positif des formations suivies au cours des 12 derniers mois, contre une moyenne de 55% pour les pays de l’OCDE. Ce manque criant d’efficacité se couple d’une difficulté d’accès à la formation, alors qu’elle est particulièrement sollicitée par les jeunes enseignants. Pour quelles raisons ? La plupart évoquent un manque de temps ou une incompatibilité avec leur emploi du temps, ou encore une offre de formation peu pertinente par rapport à leurs besoins.
En découle un manque de compétences qui fait défaut une fois sur le terrain, face à des élèves ayant grandi dans un monde technologique. Ce sont ainsi la moitié des enseignants qui affirment ne pas être prêts pour utiliser des outils numériques en classe. Par exemple, seuls 9% des enseignants ont pu suivre une formation sur l’usage de l’intelligence artificielle au cours des 12 derniers mois, alors qu’il s’agit d’une problématique d’actualité majeure dans le domaine de l’éducation.
Une insatisfaction grandissante, augmentant les risques de quitter l’enseignement
Une rapide comparaison avec l’enquête de 2018 montre que les enseignants sont de moins en moins satisfaits de leur travail. Deux principales raisons ressortent de l’enquête Talis : une insatisfaction en ce qui concerne leur salaire et un manque de reconnaissance, notamment dans leur relation avec les élèves, mais aussi et surtout par l’image qu’en ont les autres, puisque seuls 4% se sentent valorisés par la société et 4% écoutés par les décideurs politiques, un record mondial !
À cette insatisfaction s’ajoute un stress croissant : 18% affirment ressentir beaucoup de stress, contre 11% en 2018. Ce stress est engendré en partie par les réformes récurrentes et l’augmentation des élèves à besoins spécifiques, qui représentent une charge de travail supplémentaire pour s’adapter et répondre à la demande, sans recevoir de moyens supplémentaires pour y répondre. La surcharge administrative n’aide pas non plus les enseignants à se concentrer sur le rôle premier : transmettre leurs savoirs à leurs élèves.
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À noter que la France est l’un des pays où la culture de la coopération entre collègues a du mal à se développer, et cela est regretté par les enseignants. Les 2 heures hebdomadaires consacrées au travail d’équipe sont en effet bien au-deçà de la moyenne de 3 heures des pays de l’OCDE. De la même manière, le mentorat pour accompagner les nouveaux enseignants à leur arrivée dans un établissement est trop peu fréquemment mis en place : seuls 17% des enseignants en bénéficient.
Conclusion - Les revendications des enseignants : des pistes pour la réforme de 2026 ?
La réforme de 2026 vise une meilleure attractivité du métier d’enseignant, mais sera-t-elle plus efficiente ? L’enquête Talis pourrait bien être un point de départ pour que la voie des enseignants atteigne les décideurs politiques. Des formations plus adaptées à la réalité du terrain, des outils pour répondre au contexte éducatif actuel et une meilleure valorisation du métier semblent être des points de réflexion incontournables si nous souhaitons redresser la barre du système éducatif français.
Références










