Le rachat de SFR : contexte

Ce contexte commence dès 2014, lorsque Vivendi souhaite se séparer de SFR, avec deux groupes qui se positionnent pour cet achat : Bouygues et Numericable. C’est ce dernier, qui fait partie du groupe Altice de Patrick Drahi, qui remporte la partie en 2014.

Le rachat est très encadré par l’Autorité de la concurrence, qui pose des conditions claires et Altice sera sanctionné à plusieurs reprises. Le groupe devra payer une amende de 80 millions d’euros en 2016.

Numericable disparait alors, laissant la place à la marque SFR.

Aujourd’hui, SFR possède une lourde dette, plus de 50 milliards d’euros au niveau mondial et de 15,5 milliards en France, et Altice souhaite revendre SFR. Les trois autres concurrents ont proposé une offre de 17 milliards d’euros, offre rejetée pour le moment. Drahi souhaiterait plutôt une offre avoisinant les 30 milliards d’euros.


La réaction/ stratégies de la concurrence

Free

Free arrive sur le marché plus tard que les autres, et le groupe se diffère grâce à des tarifs très agressifs dès le départ. Au fil des ans, Free a su innover pour arriver au même niveau que les autres, voire à les dépasser en termes de stratégie marketing et d’offres. Peu à peu, la société a inclus divers services. En 2016, Free a souhaité racheter Bouygues, mais cela est resté sans suites. Initialement, le désir de rachat de Free est lié au désir d’augmenter le nombre de ses clients et de renforcer ses infrastructures.

Pour Free, le rachat prochain de SFR lui permettra de se repositionner au niveau stratégique, et de renforcer son image auprès des clients.

Orange

Orange est depuis le départ le leader incontesté du secteur des télécoms, ce qui lui confère une certaine force. Avec le temps, le groupe s’est largement consolidé, et a renforcé sa position dans les services et les innovations.

La fibre optique a pris beaucoup d’importance dans la stratégie globale du groupe, qui souhaitait se différencier en adoptant une qualité de service supérieure à celle de ses principaux concurrents.

Le groupe a mis en avant une présence à l’international, afin de ne plus être dépendant du marché français. L’image de marque du groupe est axée sur les innovations et la fiabilité du service.

Le rachat de SFR lui permettra de consolider sa position de leader mondial ainsi que sa stabilité comparée à SFR. Orange restera toujours pour beaucoup le meilleur opérateur.


Bouygues

Bouygues, se sentant fragilisé par le rachat initial de SFR, a pour objectif principal d’augmenter sa compétitivité.

Peu à peu, le groupe est obligé de lancer des offres plus agressives pour rester compétitif et de développer des partenariats stratégiques.

Le groupe souhaite avant toutes choses se réinventer, car sa position demeure plus faible sur le marché que celle de ses concurrents. Le fait de racheter SFR permet de rendre l’opérateur plus fiable, mais aussi plus proche de ses clients.

Les objectifs et les enjeux du rachat

Parmi les principaux objectifs, diminuer le nombre d’acteurs présents sur le marché. La guerre des prix s’en trouvera limitée et les investissements globaux seront également plus stables.

En outre, ce rachat va permettre une redistribution des clients du groupe SFR aux trois acteurs restants, environ 43% devraient passer chez Bouygues, 30% chez Free et le reste chez Orange.

Comme nous l’avons dit plus haut, le groupe qui détient SFR, Altice, est très lourdement endetté, et les trois opérateurs ont proposé 17 milliards d’euros, refusés pour le moment.

Un autre objectif est d’améliorer la cybersécurité, et de développer l’intelligence artificielle de manière plus pertinente.

Les enjeux sont importants pour le marché français, car il s’agit de la première restructuration et consolidation depuis l’arrivée de Free en 2012. À courte échéance, la concurrence va être réduite, et la qualité de service renforcée.

Il existe des risques qu’il ne faut pas ignorer, surtout pour les clients, car ils auront moins d’offres disponibles sur le marché. Même si les clients ne devraient pas être impactés en termes de rupture de services, les choses devraient être fluides, il n’en reste pas moins que ces derniers ne pourront pas choisir leur nouvel opérateur.

Récapitulatif

Critères principaux

Explications

Objectif

Marché à 3 opérateurs, limiter la concurrence, stabiliser le marché

Montant du rachat

17 milliards d’euros proposés, offre rejetée

Répartition des clients

43% Bouygues, 30% Free, 27% Orange, sans rupture de service 

Stratégies

Déploiement plus rapide de la fibre optique, intégration de l’IA et plus de moyens en cybersécurité

Règlementation

ARCEP, cadre sécurisé, surveillance prévue sur 18 mois

Nouveauté

Coopération entre les 3 acteurs principaux

 

 

Sur le long terme, ce rachat pourrait impliquer d’autres enjeux, comme une transformation plus radicale du monde des télécommunications. Les opérateurs tels que nous les connaissons aujourd’hui pourraient à terme n’être que des plateformes dotées de services intégrés. En outre, cela pourrait également devenir une sorte de modèle pour les autres pays en Europe, permettant à plus ou moins longue échéance de renforcer la position des acteurs français dans le monde.

Conclusion

Ce projet de rachat de SFR par ses principaux concurrents est le signe d’un tournant décisif et stratégique dans le monde des télécommunications. Certes, SFR apparait comme étant grandement affaibli, mais il demeure tout de même influent, avec plus de 25 millions de clients actifs.

Ce rachat pourrait être le signe de la fin de la guerre des prix, le marché pourrait en être stabilisé, mais les clients auront peut-être moins de choix, mais un meilleur service.

Cette opération n’a pas encore abouti, les négociations ne sont en effet pas terminées, mais si cela se réalise, alors le marché deviendra plus solide face aux nouveaux enjeux, que ceux-ci soient liés au monde du numérique et de l’innovation, à la cybersécurité ou encore à l’écologie.

Sources

leconomieaveclenaic.com

companeo.com