Assurance - mutuelle, changement climatique, risque climatique, indemnisation des dommages, mutualisation des risques, catastrophes naturelles, actions de prévention, réglementation des assurances, tarification différenciée, gestion des risques, autorité européenne des assurances, PPRIF plan de prévention des risques d'incendie de forêt, sécheresse, viabilité économique, transfert du risque, solidarité, contrôle des assureurs, tolérance aux risques, incendies de forêt, analyse des risques, loi du 2 février 1995, assurance incendie, garantie Cat-Nat, loi du 13 juillet 1982, IARD Incendies, Accidents et Risques Divers, EM-DAT Emergency Events Database, mesures préventives
Avec la croissance des événements climatiques, le monde d'aujourd'hui connaît une question centrale liée à l'efficacité de l'assurabilité des zones exposées aux grands incendies naturels. D'après les derniers chiffres, environ 72 000 hectares d'espaces naturels ont été ravagés en 2022, 19 000 feux à travers la France, y compris dans des régions normalement très peu touchées, comme les Pays de la Loire ou la Bretagne. Les incendies s'intensifient, leur sévérité également, et cela soulève de nouveaux défis pour le secteur assurantiel.
Pourtant, ces territoires restent faiblement couverts : à titre d'exemple, seule 4 % de la surface forestière est aujourd'hui assurée contre les risques tempête/incendie. Ce déséquilibre nous permet de comprendre qu'il existe une tension croissante entre l'augmentation des aléas d'un côté et la capacité du marché à les absorber de l'autre.
Dans ce contexte, la question de l'assurabilité devient un véritable débat politique, car elle touche directement à la capacité collective de maintenir une couverture pour tous. La solution n'est alors plus dans le simple fait d'adapter les tarifs, il faut revoir et réviser en profondeur tous les principes et les leviers qui permettent de préserver l'assurabilité dans ce contexte de transformation que connaît le monde, c'est un équilibre à trouver entre solidarité et responsabilité individuelle, incluant la possibilité de recours à des dispositifs financés par les impôts.
[...] La réforme incite également les assureurs à définir clairement leur tolérance aux risques, de faire valider cette vision par le conseil d'administration, et de rédiger chaque année un rapport détaillant leur propre analyse des risques et de leur solidité financière.6 La mutualisation des risques est donc passée d'une approche nationale à une réalité européenne avec l'objectif d'unifier les règles pour mieux protéger les citoyens face aux nouveaux défis. C'est vrai que cette mutualisation à l'échelle européenne a permis d'élargir la couverture face aux risques naturels mais en même temps elle reste encore limitée surtout quand on voit l'ampleur que prennent les sinistres climatiques aujourd'hui, les compagnies d'assurance se retrouvent face à des risques de plus en plus lourds elles ne peuvent pas tout gérer toutes seules ni garantir une protection efficace ni assurer un financement stable sur le long terme. [...]
[...] Ceci, C., Colaneri, K., & Cretarola, A. (2022). Optimal reinsurance and investment under common shock dependence between financial and actuarial markets. Insurance: Mathematics and Economics 252-278. https://doi.org/10.1016/j.insmatheco.2022.04.011 18. Froot, K. A The Market for Catastrophe Risk: A Clinical Examination. Journal of Financial Economics 60, 529-571. 19. [...]
[...] L'enjeu est donc de revoir et actualiser ces mécanismes classiques de mutualisation afin de maintenir à l'assuré une couverture efficace des zones qui sont fortement exposées aux incendies naturels. Repenser et actualiser les modèles de mutualisation implique tout d'abord de mieux évaluer les risques en prenant en compte les nouvelles tendances climatiques mais également de recourir à l'innovation assurantielle à travers les partenaires publics privés, à travers la modélisation avancée des aléas ou encore l'intégration des marchés financiers dans le domaine assurantiel1 1.1. [...]
[...] Enfin nous allons clôturer le mémoire avec une série de recommandations opérationnelles que nous allons structurer autour de trois leviers : tout d'abord, en proposant des outils élargissant la dispersion des risques et renforçant la base de leur financement, puis la révision des outils de quantification et de modélisation en intégrant la probabilité conditionnelle d'occurrence et les dynamiques de l'incertain et enfin l'élargissement de la base de financement pour pouvoir restaurer les conditions de viabilité du modèle assurantiel. Analyse de l'objet d'étude et démarche générale Problématique et hypothèses de recherche Le changement climatique a pour effet de rendre les conditions météorologiques de plus en plus volatiles et brutales. Cela contribue à l'intensification des incendies qui se propagent plus rapidement et causent des dommages de grande ampleur. [...]
[...] Ceux qui contribuent à l'augmentation des risques d'incendie de forêt dans le monde sont expliqués tout d'abord par le changement climatique, puis par le développement urbain autour ou dans les zones à risque. En effet, le changement climatique augmente les conditions de sécheresse et, par conséquent, met des conditions propices à la prolifération des incendies. Il existe des régions qui connaissent déjà des incendies saisonniers prolongés, qui ont été aggravés par le changement climatique, comme le sud du Canada, le sud de l'Europe ou l'ouest des États-Unis. Et ça ne fait que s'escalader d'année en année. [...]
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