Eugène Grollier, agriculture, campagne, politique intérieure, développement rural, économie nationale, luttes agraires, Révolution française, République démocratique, impôt, représentation nationale, organisations paysannes, Union des cultivateurs, militantisme, Précarité, discours
Bien que la politisation paysanne de la France ait commencé en 1789 dans le contexte révolutionnaire, le XIXe siècle est témoin concret de la création d'organisations et de groupes ayant pour objectif commun de défendre les intérêts des campagnes. C'est dans ce contexte que l'Union des cultivateurs est créée, Eugène Grollier étant l'un des principaux acteurs et militants de la cause campagnarde.
Ici, nous nous trouvons face à un discours de celui-ci, élaboré en 1849, et mené dans le cadre de revendications fiscales et sociales en faveur du monde rural.
[...] Face à cela, nous pouvons nous demander en quoi ce discours est un parfait témoignage d'une phase de politisation de la part des campagnes dans un contexte de tension nationale ? Des campagnes soumises à une précarité grandissante 1 - Des campagne face à une précarité grandissante Pour commencer, il est important de rappeler l'objectif du discours d'E. Grollier, qui est ici de sensibiliser et rappeler les souffrances d'un peuple qu'il ne cesse de qualifier tout au long du document. Dès la première ligne, l'auteur s'adresse aux « habitants des campagnes », qui sont des agriculteurs à la ligne des cultivateurs lignes des campagnards ligne ou encore « des abeilles » ligne 8. [...]
[...] Ce document est ainsi un témoignage direct des conflits d'ordre national, qui peuvent se traduire par la formation d'organisations et d'institutions dans un contexte de conflits agraires. . Bloch, Marc. Histoire des campagnes françaises : XIXe-XXe siècles, 1931 . Gavignaud-Fontaine, Geneviève. Les campagnes en France au XIXe siècle, 1780-1914. Editions OPHRYS, 1990. . Pécout, Gilles. [...]
[...] Cette phrase, assez symbolique dite par Grollier, est tout à fait évocatrice quant à la situation dans laquelle se trouve le monde rural au sein de ce XIXe siècle. Il n'existe en réalité que très peu de place en matière politique ou gouvernementale pour ces zones qui sont considérées comme sans intérêt. 3 - Le monde rural et les villes : deux entités distinctes La ligne 75 rappelle de plus la source de revenu des campagnes et en particulier des cultivateurs, qui vient du prix que ceux-ci retirent des denrées ou des animaux destinés aux villes. [...]
[...] Les campagnes et la représentation nationale, Extrait - Eugène Grollier (1849) - En quoi ce discours constitue-t-il un parfait témoignage d'une phase de politisation de la part des campagnes dans un contexte de tension nationale ? L'Union des cultivateurs pour obtenir la diminution des impôts et nommer des représentants du peuple intéressés à améliorer le sort des habitants des campagnes, Paris, Imprimerie et librairies centrales de Napoléon Chaix et Cie p. 5-13. Texte intégral sur Gallica, la Bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France [URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56731368]) Commentaire de texte Le XIXe est une période profondément marquée par des transformations et mutations sociales s'enracinant dans une Seconde République proclamée après la Révolution de février. [...]
[...] Enfin, les dispositions prises par l'État ne font que renforcer ce fossé entre ces deux entités. La ligne 41 est assez évocatrice et expose explicitement la réticence de l'État à subvenir à l'ensemble des besoins de la communauté rurale. « Le gouvernement ne prête d'argent pour aucune entreprise de ce genre ». Il s'agit là d'une dévaluation expressément visible de l'État qui, au détriment du sort des campagnes, est d'avis favorable à investir dans des projets visant à glorifier et agrandir les villes. [...]
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