Culture savante, savoir, oral, écriture, connaissance, historiographie, apprentissage, langue, langage, imprimerie
Le Moyen-âge est souvent considéré comme un âge sombre où la religion à une mainmise sur la science et le savoir. En réalité, le Moyen-âge est une période où le savoir a été très prolifique. Ce savoir ne reste cependant accessible qu'aux classes supérieures, mais tend à s'élargir aux autres classes de la société. La culture savante est, par définition, opposée à la culture populaire, puisqu'elle est la culture possédée par les « savants », c'est-à-dire les gens du savoir appartenant à un milieu élitiste. Au Moyen-âge, l'Homme « sage » ou « savant » est celui qui a appris le latin et qui sait le parler et l'écrire. [...]
La culture savante au Moyen-âge est véhiculée par deux moyens que sont l'écrit et l'oral, étant donné qu'originairement le Moyen-âge possède une forte culture de l'oralité. L'historiographie a pendant longtemps opposé ces deux moyens de communication en établissant une hiérarchie entre eux. En effet, la culture de l'écrit était considérée comme la culture dominante, en raison de sa place dominante dans notre société contemporaine. Depuis les travaux de Paul Zumthor, on sait qu'au Moyen-âge, la hiérarchie entre l'oral et l'écrit n'est pas aussi précise qu'elle peut l'être de nos jours.
[...] Les Universités dans un premier temps, puis la création des collèges dans un second temps, permettent un essor considérable de l'enseignement et de l'alphabétisation de la population. Aux XIVe et XVe siècles, un nouveau tournant s'établit avec la redécouverte de l'imprimerie qui facilite la production et la circulation des livres. Les savants peuvent désormais se doter de bibliothèques regroupant tous les savoirs et devenant progressivement le symbole du savoir. Toutes ces transformations ont un impact sur la culture de l'écrit qui devient abondante au cours de la deuxième moitié du Moyen-Age. [...]
[...] Nous pouvons alors nous demander quelle est la place de l'écrit et de l'oralité dans la culture savante du Moyen-Age et comment permettent-ils la transmission du savoir. Dans une première partie nous verrons que la place de l'écrit et du livre sont des supports essentiels dans la diffusion du savoir. Dans une seconde partie, nous verrons que l'oralité est toujours une culture dominante dans la culture savante au Moyen-Age car elle constitue la base de l'apprentissage universitaire. I. La culture de l'écrit : un support essentiel pour la diffusion du savoir L'écrit est un support essentiel du savoir dans la mesure où il permet de le conserver, mais également de le diffuser auprès d'un public plus large. [...]
[...] C'est la langue utilisée très largement dans les écrits savants du Moyen-Age. Cependant, depuis le XIIIe siècle, l'utilisation de la langue vernaculaire se développe. Au XVe siècle, elle devient largement utilisée et gagne progressivement la culture savante. II. La culture de l'oralité : une culture toujours dominante au Moyen-âge Depuis la première moitié du Moyen-Age, la culture de l'oralité a une place importante dans la société et malgré l'essor de la pratique de l'écrit et l'invention de l'imprimerie le changement n'est pas radical. [...]
[...] De plus, les livres sont souvent destinés à être lus à voix haute. B. L'éloquence oratoire : fondement de l'apprentissage et de la connaissance Les savants ont une culture orale basée sur l'écoute, sur la mémoire et sur l'acquisition des connaissances par c?ur. Dans le milieu universitaire, les exercices scolaires et les examens étaient tous oraux. Les élèves devaient recourir à l'art oratoire et à la mémoire. Cette culture s'exprime notamment à travers l'art oratoire qui est enseigné dans les universités. [...]
[...] La langue écrite reste majoritairement le latin malgré le développement de plus en plus important de la langue vernaculaire. En parallèle, l'oralité conserve une place dominante dans la transmission des savoirs, notamment dans la relation élèves et professeurs. C'est à partir du XVe siècle et surtout à partir de l'époque des lumières que l'écrit devient le principal support du savoir. Cette hiérarchisation entre la culture de l'écrit et de l'oralité perdure encore jusqu'à aujourd'hui : les livres et les bibliothèques sont considérés comme les fondements du savoir. [...]
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