La Fortune des Médicis, Jean-Yves Boriaux, Italie, maison de Médicis, Renaissance, monarchie, politique, pouvoir, dynastie des Medicis
Florence, située en Toscane, a été fondée par Jules César en 59 avant J.-C. pour faciliter les relations avec la Gaule. La ville est construite sur les rives de l'Arno, un axe fluvial essentiel pour le commerce. Florence se développe rapidement grâce à sa position géographique avantageuse, notamment par la construction d'un pont en 123 pour remplacer l'ancien bac. La prospérité de Florence dépasse celle de Fiesole, une ancienne cité étrusque voisine.
Après avoir subi des incursions hongroises au Xe siècle, la ville grandit en attirant une population de paysans réfugiés. Le marquis de Toscane, Ugo, déplace sa résidence de Lucques à Florence, renforçant son statut de capitale régionale. L'essor spirituel de la ville est également notable avec la construction d'édifices religieux majeurs, comme l'église de San Miniato al Monte au XIe siècle, consacrant son rôle de centre religieux et réformateur.
Au XIIe siècle, Florence obtient, de manière progressive et partielle, son autonomie par rapport au SERG. Les institutions républicaines se développent autour de conseils de notables et de corporations marchandes dynamiques qui profitent de l'activité commerciale croissante.
En 1252, Florence introduit une monnaie d'or, le florin, qui devient un symbole de sa puissance économique. La division de la ville entre les guelfes blancs et noirs au début du XIVe siècle montre cependant la persistance des conflits internes.
Malgré les tensions politiques, la ville prospère et atteint une population de près de 95 000 habitants. La construction de nouvelles murailles, conçues par Arnolfo di Cambio, marque cette période d'expansion. La mort de l'empereur Henri VII en 1313 met fin à une menace impériale directe, tandis que Florence continue de s'imposer en tant que centre économique majeur.
C'est dans ce contexte tumultueux, au coeur du XIVe siècle, que les Médicis, issus des zones rurales entourant Florence, apprennent à manoeuvrer parmi les familles influentes de la ville.
[...] - Giovanni di Bicci utilise aussi son influence pour gravir les échelons politiques florentins. À plusieurs reprises, il occupe des postes prestigieux comme celui de gonfalonier de justice et est fréquemment sollicité pour des missions diplomatiques. Sa prudence en politique lui permet de maintenir de bonnes relations avec les puissants Albizzi tout en conservant une certaine indépendance. - À sa mort en 1429, Giovanni laisse une fortune estimée à environ florins, un réseau bancaire solide et une stratégie claire pour ses successeurs. [...]
[...] Bien que sa santé fragile ait terni son image, Pierre avait reçu une éducation humaniste solide, notamment grâce aux humanistes Niccolò Niccoli, Carlo Marsuppini et Leon Battista Alberti. - Dès 1464, Pierre lance un audit de la banque révélant des pertes importantes. Il engage alors une restructuration drastique : ? Banque de Venise : Fermeture en 1469 après une guerre coûteuse entre Florence et Venise (1467-1468) et la mauvaise gestion de Giovanni d'Oddo Altoviti. ? Banque de Milan : Faillite due aux prêts excessifs accordés à Francesco Sforza et son successeur sans remboursement. ? [...]
[...] - Le pouvoir exécutif à Florence, appelé la Signoria, est composé de 9 membres tirés au sort parmi les Arts tous les deux mois. La Signoria est assistée par deux conseils importants : les Douze Bonshommes et le Conseil des Seize gonfaloniers de compagnie. ? Ce système de tirage au sort, mis en place en 1328, vise à garantir l'impartialité politique. Cependant, l'éligibilité est restreinte aux membres inscrits sur des listes spécifiques (l'abborsiamento), qui doivent répondre à des critères précis comme l'appartenance à une corporation, le paiement des impôts, et l'adhésion au parti guelfe. [...]
[...] - Pierre réduit alors le volume des transactions financières et commerciales. Cette réduction de la circulation monétaire provoque une crise économique à Florence : de nombreuses banques font faillite entre 1464 et 1465, certaines accumulant des dettes allant jusqu'à florins. - La mort de Cosme en 1464 déclenche une crise politique grave. Deux factions se forment : ? Les partisans des Médicis : Dirigés par Pierre, renforcés par une armée privée de à hommes, et soutenus par des alliés comme Galeazzo Maria Sforza (Milan) et Ferdinand Ier de Naples. [...]
[...] Il finance des campagnes militaires avec des fonds personnels et tente à plusieurs reprises de reprendre Florence par la force, notamment en 1495 et 1497, sans succès. Ses alliés se dérobent progressivement, y compris Virginio Orsini et César Borgia. - Le 28 décembre 1503, Pierre meurt noyé lors de la bataille du Garigliano, alors qu'il tente de fuir à bord d'une barque trop chargée d'artillerie. Son corps est repêché et enterré dans l'abbaye de Montecassino. Avec sa mort, c'est la fin tragique d'un pouvoir qui semblait autrefois invincible. [...]
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