MEEF Métiers de l'Enseignement de l'Éducation et de la Formation, féminisme, lutte féministe, Révolution française, représentation des femmes, opinions politiques, revendications féministes, historiographie, image de la femme, cause féministe, droits politiques, femmes dans la politique
La Révolution française commence communément le 5 mai 1789, date d'ouverture des États généraux à Versailles, et prend fin le 9 novembre 1799, au moment du coup d'État de Bonaparte. Si l'on étudie la Révolution française à travers la problématique des femmes, la période s'achève avec la journée du 1er prairial de l'an III (20 mai 1795) qui marque l'apogée du mouvement féminin de masse, avant que la Convention ne laisse place au Directoire, mettant fin au mouvement des femmes. Ces dernières, de toutes catégories sociales, ont en effet été actrices des événements révolutionnaires de diverses manières, en raison des différences sociales dont elles sont issues, de la diversité géographique de leurs origines et de l'écart de leurs niveaux d'éducation.
Ce travail interroge donc la place de la femme — en tant qu'individu face à l'homme —, et des femmes — en tant que groupe et mouvement de masse — pendant la Révolution française et leur rôle au sein des revendications révolutionnaires.
[...] Il est cependant difficile de dissocier l'action féministe de l'action féminine pendant la Révolution. Par ailleurs, la cause féministe s'estompe à mesure que l'on descend de l'échelle sociale : la majorité des femmes sont issues des classes populaires ou rurales, elles accordent donc moins d'importance aux questions politiques qu'à celles de subsistance qui constituent une préoccupation constante pour les femmes chargées de nourrir la famille. L'action féministe pendant la Révolution n'a pas forcément été explicite, elle a même pu être antiféministe ou se montrer incompatible avec les objectifs des révolutionnaires. [...]
[...] L'objet de ce travail est par conséquent d'illustrer les différentes revendications des femmes pendant la Révolution au regard des distinctions sociales, culturelles et géographiques, et comment ces revendications ont été perçues aussi bien par les femmes elles-mêmes que par les hommes de l'époque. Il s'agit aussi de voir en quoi a consisté le féminisme sous la Révolution et comment il s'est articulé autour de la participation collective des femmes. Les événements n'impliquent pas uniquement Paris mais bien la France dans son ensemble, ce qui doit conduire à prendre en compte la singularité des mouvements féminins de la province. [...]
[...] Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l'histoire, Flammarion, Paris p. Christine Peyrard, Les jacobins de l'Ouest. Formes de politisation dans l'Ouest intérieur pendant la Révolution française, Paris, Publications de la Sorbonne p. Danièle Pingué, Les mouvements jacobins en Normandie orientale. Les sociétés politiques dans l'Eure et la Seine-Inférieure, 1790-1795, Paris, Éditions du CTHS p. René Rémond, Introduction à l'histoire de notre temps. I. L'Ancien Régime et la Révolution. 1750-1815, Paris, Points p. [...]
[...] Lisa Dicaprio, « Women Workers, States sponsored Work, and the Right to Subsistence during the French Revolution », Journal of Modern History septembre 1999, University of Chicago, p. 519-551. Christine Fauré, « La naissance d'un anachronisme : "le féminisme pendant la Révolution française" », Annales historiques de la Révolution française, 2006/2 (n°344), pp. 193-195. Dominique Godineau, Lynn Hunt, Jean-Clément Martin et al., « Femmes, genre, révolution », Annales historiques de la Révolution française, 2009/4 (n°358), p.143-166. URL : https://www.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2009-4-page-143.htm Martine Lapied, « Parole publique des femmes et conflictualité pendant la Révolution dans le Sud-Est de la France », Annales historiques de la Révolution française, 2006/2 (n°344), pp. [...]
[...] Cette approche traduit le peu de réflexions de l'époque sur un éventuel rôle des femmes dans la politique. La question de l'accès aux droits politiques a d'abord été abordée par les historiennes anglo-saxonnes de la Gender History. Elles soulignent le paradoxe d'une nation qui proclame l'universalité des droits de l'être humain et qui en exclut la moitié de la population. Leurs travaux établissent le fait que les femmes n'ont jamais pu exercer des fonctions officielles de responsabilité, y compris à l'échelle locale. [...]
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