Tourisme, politique touristique, Charleroi, révolution industrielle, Belgique, UNESCO, identité culturelle, city marketing, urbanisme, architecture, dark tourism
Anciennement « bassin prospère de la révolution industrielle », la ville de Charleroi souffre aujourd'hui d'une réputation exécrable, due en grande partie à son passé industriel. [...]
Le premier mouvement, bien naturel, de la politique touristique de Charleroi a été d'essayer de se démettre de cette image négative et de se doter d'une image nouvelle [...].
Pourtant, l'activité touristique de la ville renaît, et se pose la question de sa conciliation avec l'image négative de celle-ci : quels rapports doivent entretenir l'image négative de Charleroi et la politique touristique de la ville ?
[...] Pourtant, malgré cette volonté, exprimée et concrétisée, de reconstruire l'image de Charleroi et oublier cette image négative, les potentialités de cette dernière apparaissent de plus en plus comme dignes d'exploitation. Il apparaît ainsi que malgré la teneur des politiques touristiques de Charleroi, l'image négative de la ville pourrait constituer un instrument stratégique satisfaisant au plan touristique. Les potentialités de l'image négative de la ville doivent être exploitées doublement dans cette perspective, d'abord parce qu'elles dérivent de l'essor plus global du tourisme sombre, ensuite parce qu'elles sont particulièrement bien adaptées à la commune de Charleroi. [...]
[...] Ainsi le projet de street-art « Urban Dream »11, par exemple, tend à redonner de la couleur aux quartiers ouvriers de Marchienne-au-Pont, alors que l'organisation de nombreux festivals contribue à rendre son aspect jovial à la ville, derrière sa tristesse apparente. L'identité culturelle repensée, c'est l'identité graphique qui est à son tour reconstruite : celle-ci doit évoquer « les contours d'une ville ouverte vers le futur et vers le monde », à travers une « refonte totale de l'ensemble des supports de communication »12. Une image positive est ainsi construite à partir d'initiatives locales, gommant patiemment l'image négative de la ville : Charleroi se construit encore une fois en opposition avec son image négative. [...]
[...] Le passé du bassin houiller ne peut à cet égard être l'objet de honte ou de repli, sauf à « injurier la mémoire des milliers de mineurs de fond »17. L'image négative existe donc clairement en tant que telle. La ville de Charleroi doit transformer ses paysages désolés en lieux touristiques plus avenants : pour ce faire, certaines initiatives ont déjà été portées, telles que la création d'une route touristique longeant les terrils pleinement assumés, désignée par l'office de tourisme sous le nom de « far west industriel »18. [...]
[...] Le premier mouvement, bien naturel, de la politique touristique de Charleroi a été d'essayer de se démettre de cette image négative et de se doter d'une image nouvelle : un city marketing habile et la promotion d'initiatives ciblées constituent les deux mouvements de cette politique. Une telle stratégie semble prouver qu'une image négative ne peut fonder une stratégie touristique, dès lors qu'elle est sans cesse évincée. L'étude de la stratégie touristique de la ville de Charleroi amène en effet à un certain pessimisme sur la possibilité d'utiliser une image négative dans un but de développement touristique. En effet, cette stratégie toute entière semble vouée à nier, purement et simplement, cette image négative. [...]
[...] Une image négative peut-elle constituer un axe stratégique de développement touristique pour une ville comme Charleroi ? Anciennement « bassin prospère de la révolution industrielle »1, la ville de Charleroi souffre aujourd'hui d'une réputation exécrable, due en grande partie à son passé industriel. Née en 1666, en pleine guerre franco-espagnole, elle constitue alors une forteresse nommée ainsi en l'honneur de Charles II, roi d'Espagne. Son histoire est marquée par un essor industriel très fort, marqué sur une exploitation intensive du bassin houiller qu'elle surplombe, et une économie largement fondée sur la verrerie et la sidérurgie. [...]
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