Salvador Dalí, rêve, Freud, inconscient, sommeil, surréalisme, dadaïsme, art moderne, méthode paranoïaque-critique, sexualité, fantasmes, art sensoriel
L'on sait qu'à l'époque où Dali choisit d'explorer des terrains nouveaux, c'est effectivement la philosophie freudienne qui est mise en avant grâce aux notions de « moi », « surmoi » et « ça ». Dali, proche de ces théories et très enclin à les étudier, choisit de poursuivre leur réalisation concrète dans sa peinture, notamment celle du « surmoi » et du « ça » où l'inconscient s'agite, et par conséquent, le rêve. À titre d'essai, nous appellerons cela « la science du sommeil » pour qualifier l'exploration assidue du rêve par Dali.
[...] On remarquera également que les deux posent comme les ?uvres de Michel-Ange, Adam et David (voir Annexe 2). On comprend donc que la sexualité troublée de Dali fut prépondérante dans sa façon d'aborder sa peinture puisqu'il s'inspirait de ses rêves, rêves où ses désirs réprimés, secrets se manifestaient comme le présumait Freud. « On a dit de lui qu'il était un pervers polymorphe. Malheureux d'avoir été toute sa vie en conflit avec son père, tourmenté par ses penchants homosexuels (Etherington-Smith, 1994) et ayant eu en permanence besoin de Gala (Etherinnton-Smith, 1994 ; Lear, 1994), Gala à la fois sa rédemptrice et son bourreau, pour pouvoir se consacrer entièrement à l'ascèse de sa peinture, Savador Dali a proclamé qu'il voulait transformer sa vie en ?uvre d'art (Etherington-Smith, 1994), »16 dénote Paul Hermans. [...]
[...] On retrouve des angoisses sexuelles, mais aussi les figures parentales que sont la mère et le père. Dali entretenait des rapports tendus avec son père, rapports qu'il exploita à travers le surréalisme via la figure d'André Breton : « Enfin imbibé de tout ce que les surréalistes avaient publié, en ordre avec Lautréamont et le marquis de Sade, je fis mon entrée dans le groupe, armé de ma bonne foi bien jésuitique, mais conservant l'arrière pensée précise de devenir très vite son chef. [...]
[...] L'eau, dans sa fluidité, pourrait se rapporter à une vision de la féminité laissée à l'abandon (la barque mise de côté sur le rivage) alors que l'homme assit sur le mur en brique représente une autre forme de masculinité. (Voir Annexe On retrouve cette idée d'homosexualité dans un autre tableau plus récent de Dali, Deux adolescents (1954). Cette toile représente deux jeunes hommes nus qui se regardent, l'un appuyé contre un rocher, ses parties génitales exposées, l'autre debout, sans visage, ses parties génitales également exposées. On notera que le jeune homme appuyé contre un rocher est bien mis en valeur comme objet sexuel, tout comme l'autre jeune homme qui est destitué de son visage. [...]
[...] Ce tableau est en fait le rêve même de Gala que Dali a transfiguré à travers sa peinture. Dali l'appelle d'ailleurs « une photographie peinte à la main » pour rapprocher réalité et inconscient. Le rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une grenade, une seconde avant l'éveil huile sur toile La grenade est un symbole sexué de fertilité et de résurrection (on pensera au Christ, notamment), tout comme l'abeille qui vole au-dessus du fruit : elle est le symbole de la virginité, renvoyant spécifiquement à la vierge Marie.18 La baïonnette a un aspect sexuel inhérent puisqu'elle renvoie à l'abeille qui pique et qui va piquer Gala ; de plus, sa forme phallique renvoie forcément à l'idée du sexe masculin. [...]
[...] La montagne, dans le fond, est également une référence au temps et au personnel puisqu'elle représente la crique de Portlligat, spécifique à l'imaginaire apprécié de Dali. Bien que le conscient et l'inconscient ne soient pas compris par tout le monde, Dali les utilise pour créer une image particulière que personne d'autre n'aurait pu peindre. On peut dès lors comprendre que le fond, la crique de Portlligat, renvoie à la conscience de Dali, ses souvenirs, avant qu'il y dépose l'inconscient avec les montres molles. [...]
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