Congo Inc Le testament de Bismarck, In Koli Jean Bofane, discours direct, discours narrativisé, Kinshasa, Congo, Afrique, globalisation, traumatisme, analyse linéaire
Au début de ce roman, le jeune Isookanga fuit son village pygmée pour découvrir Kinshasa et pour devenir « mondialiste ». Dans ce roman d'apprentissage, le jeune ambitieux rencontre des personnages étonnants, symboles des maux qui ravagent le continent africain. In Koli Jean Bofane organise cette rencontre selon un point de vue alterné. Il développe tout d'abord la perception de Isookanga, qui écoute le discours narrativisé de Zhang, puis il donne la parole au style direct à son personnage principal avant de livrer les pensées du jeune vendeur d'eau chinois.
[...] Comment cette rencontre contient-elle dans une mise en abyme ironique, toute la portée critique de ce roman ? Cette scène marque deux destins que tout oppose à l'origine. Le narrateur prend soin de différencier ses deux protagonistes. La première phrase crée une double antithèse, par les consonances des noms propres car Zhang Xia renvoie à l'origine chinoise du premier personnage, contrairement aux quatre syllabes d'Isookanga et par la différence d'intensité des verbes utilisés : « s'épanchait » suggère un personnage englué dans la parole tandis que le second verbe modalisé « l'observait avec attention » valorise le jeune Pygmée. [...]
[...] Congo Inc. : Le testament de Bismarck - In Koli Jean Bofane (2014) - Comment la rencontre du jeune ambitieux avec des personnages étonnants contient-elle, dans une mise en abyme ironique, toute la portée critique de ce roman ? In Koli Jean Bofane, Congo Inc « Pendant que Zhang Xia s'épanchait?Eau pire » Dans Le Chantier de la mondialisation, en 2011, Maylis de Kerangal affirmait que « le roman est sans doute le genre le mieux à même de rendre manifestes les mécanismes de l'économie mondialisée, ses flux, ses champs et leurs effets sur la vie de la planète et de tout ce qui le peuple. ». [...]
[...] Il place une analepse qui rappelle en quelques mots l'origine du jeune homme mais il choisit de personnifier la canopée et les arbres afin de souligner la dimension symbolique de ce second destin. Bofane crée un antagonisme entre les forces anciennes de la nature africaine, incarnées par le vieil oncle et la puissance de l'ordinateur, réduite à la touche « Enter ». Le lecteur savoure l'ironie des propos du jeune homme qui ne voit pas le piège dans lequel les deux anti-héros sont tombés. [...]
[...] Les rôles sont renversés, le Chinois n'est plus ici en position de force mais au contraire, il devient l'ouvrier d'un Isookanga qui ne bouge pas au départ de son nouvel associé. L'absence de compréhension est soulignée par la courte réplique du Congolais qui ne répond « Pas de quoi » comme si Zhang l'avait remercié, ce qui n'est pas le cas. Il semble tellement persuadé de l'efficacité de son discours qu'il ne tient pas compte de la portée des mots employés par Zhang. [...]
[...] Le romancier, qui a été publicitaire avant d'écrire, retrouve les techniques de persuasion du discours stéréotypé du placement de produit autour des outils de flatterie et de la présentation d'un système fondé sur le gagnant-gagnant. Isookanga reproduit les allitérations de sifflantes dans une parodie du discours persuasif. L'anglicisme Dual-Core pour souligner une association de deux personnages que tout oppose géographiquement comme culturellement donne un aspect comique au passage. La profession de foi du « mondialiste » devient un terme positif marque le passage pour Isookanga du business virtuel pratiqué sur le jeu en ligne à la réalité concrète du véritable commerce. [...]
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