Discours de la servitude volontaire, La Boétie, tyrannie, monarchie, pouvoir, critique, antiquité grecque
Mort jeune (32 ans), La Boétie n'a publié de son vivant qu'un poème en latin. C'est son grand ami Montaigne qui publie ses ouvres, exceptant de cette publication, le Discours de la servitude volontaire. Ce sont les protestants qui feront imprimer le pamphlet, mais le texte circulait avant la publication.
Le Discours a été rédigé après les troubles de 1548 contre la gabelle.
Le début de l'oeuvre, l'exorde, pose le problème, en réfutant une idée posée dès le début comme un argument d'autorité : la domination exercée par un seul maître serait plus légitime que celle de plusieurs.
[...] CONCLUSION Le début de ce texte argumentatif est révélateur de l'ensemble de l'?uvre, qui suit les règles de la rhétorique. Cet exorde sera suivi d'une proposition, d'une narration, d'une amplification, d'une confirmation et d'une péroraison. Dans ce début, c'est l'antiquité grecque qui est utilisée. Par la suite, l'antiquité égyptienne et, surtout romaine servira à la démonstration. La qualification de « malheur » sera remplacée par celle de vice » : la domination d'un seul, favorisée par un tout petit entourage de courtisans, s'appuie sur la lâcheté de tous. [...]
[...] Mais derrière l'aède grec se profile un théoricien politique, Aristote, qui citait lui aussi ce distique (Politiques, IV 27) quand sa réflexion portait sur la démocratie. Le premier vers homérique établit un constat : il est mauvais d'avoir plusieurs maîtres. Le second, logiquement, expose la conséquence de ce constat : la monarchie est le meilleur régime, le subjonctif (« soit ») fait de la phrase un énoncé jussif. La Boétie donne ensuite, en partie seulement, le contexte de la citation : Ulysse s'adressait aux soldats grecs. [...]
[...] Le raisonnement se fait à nouveau au moyen d'une proposition subordonnée conjonctive de cause (« puisque »). La raison avancée est celle du caractère aléatoire de la monarchie : Titus, « les délices du genre humain ») peut toujours devenir un Néron, n'ayant pas de limite (« quand il voudra » : on pense à la formule « car tel est notre bon plaisir » que François Ier avait faite sienne). Ce raisonnement est logiquement implacable : si un maître est un mal, plusieurs maîtres apportent un cortège de maux. Les propos d'Ulysse sont entièrement faux. [...]
[...] Discours de la servitude volontaire, Exorde - Étienne de La Boétie (1577) - Analyse linéaire LA BOETIE, DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE (Début depuis « D'avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n'y vois » jusqu'à « [?] et d'avoir plusieurs maîtres, c'est autant qu'on en autant de fois être extrêmement malheureux. ») Mort jeune (32 ans), La Boétie n'a publié de son vivant qu'un poème en latin. C'est son grand ami Montaigne qui publie ses ?uvres, exceptant de cette publication le Discours de la servitude volontaire. [...]
[...] La subordonnée conjonctive circonstancielle de de cause, introduite par « puisque » permet au raisonnement de commencer : si la domination d'un seul est mauvaise, a fortiori celle de plusieurs est exécrable, comme l'indique les deux adjectifs connotés négativement, « dure et déraisonnable » dont les dentales initiales font entendre la « dureté ». Ulysse a fait une faute de logique, il pense à l'envers (« tout au rebours »). Le second vers est donc une faute contre l'intelligence, ce que le Discours va le démontrer en rétablissant « la vérité ». [...]
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