Flaubert, Madame Bovary, roman, littérature française, réalisme, analyse stylistique, rhétorique, écriture, subjectivité, narration, discours indirect, ironie, syntaxe, analyse littéraire, idéal, rêve, illusion, perception, réalité
« Madame Bovary », de Gustave Flaubert, est considérée comme un classique de l'histoire littéraire française. Publiée en 1857, cette oeuvre plonge le lecteur au coeur de la dérive d'une femme en quête d'absolu. Cette oeuvre se présente au monde littéraire comme fondamentalement novatrice dans son rapport à l'écriture. [...]
Le langage n'y est jamais neutre : il oppose le rêve idéal et le réel sordide, entre l'idéal d'Emma d'un côté et le regard du narrateur de l'autre. Le style lui-même opère une mise à distance critique, créant une tension constante entre l'expérience vécue par les personnages et l'évaluation ironique qu'en donne l'écriture.
[...] En effet le narrateur conserve un pouvoir : il décide quand basculer dans une autre perspective. À certains moments, on passe au regard de Charles, ou d'un observateur extérieur. Lorsqu'on adopte le point de vue de Charles, le texte met en évidence une perception idéalisée et naïve : « Elle était la plus belle femme du canton. » (Flaubert, 1857/1986, p. 102). On perçoit non seulement ce que les personnages vivent, mais aussi la distance entre leur perception et la réalité. Ce jeu de focalisations crée alors une polyphonie discrète, mais qui est essentielle. [...]
[...] 295). Le tour se joue dans le fait que l'émotion passe par l'absence d'émotion. La rhétorique du pathos est véritablement déconstruite. Le style flaubertien est ainsi un refus de l'effet facile, un art du silence. Ainsi, nous avons vu dans cette deuxième partie que le style flaubertien, par sa précision descriptive, son ironie discrète et sa syntaxe rigoureuse, constitue une véritable stylistique du désenchantement : une écriture lucide, distante, qui déconstruit le romanesque et donne au réel toute sa sécheresse. [...]
[...] Stylistiquement, cette ironie repose sur une rigueur syntaxique : phrases bien construites, lexique précis, ton mesuré. Eloigné du sarcasme direct, Flaubert pratique là une ironie de structure. Il montre sans commenter, mais l'effet en devient ravageur. L'adjectivation qu'on n'attend pas forcément, participe à ce processus. Ainsi, une robe peut être dite « pathétique » ou un geste « héroïcomique », signifiant déjà la distance entre ce qui est et ce qui est perçu. En clair, Flaubert ne juge pas : il laisse les mots juger. [...]
[...] On observe cette sécheresse descriptive : « Une table était dressée sous une tente en planches une dizaine de paysans mâchonnaient sans bruit. » (Flaubert, 1857/1986, p. 135). Il est intéressant de remarquer que c'est cette opposition entre le langage imaginaire d'Emma et le style de Flaubert qui crée une tension constante, donnant ainsi au roman sa profondeur critique. 2. L'ironie : arme stylistique de la déconstruction Par ailleurs et dans le prolongement de cette écriture distanciée, Flaubert mobilise une autre arme décisive : l'ironie discrète mais redoutablement efficace. [...]
[...] L'émotion dans la forme : rythme, sonorité et ponctuation expressive Enfin et en dernier lieu, il est crucial de voir que la stylistique flaubertienne ne refuse pas toute émotion : elle la déplace dans la forme. Ce n'est donc plus le contenu qui émeut, mais le mouvement même de la phrase. Une émotion purement esthétique est aussi créée par la musicalité des paragraphes, les variations de tempo ou encore des échos sonores. Flaubert joue également avec la ponctuation, qui elle-même trahit parfois l'effusion intérieure contenue : « Oh pourquoi donc ? [...]
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