Le Mariage de Figaro, Beaumarchais, pièce de théâtre, amour, pouvoir, classe sociale, féminisme
La comtesse se laisse gagner par une sorte de rêverie amoureuse, elle parle distraitement, au sujet de Chérubin, pour demander la suite à sa servante : « Eh bien, Suzon ? » montre qu'elle est curieuse et demande des détails supplémentaires.
[...] Le Mariage de Figaro, Acte II, Scène Extrait - Beaumarchais (1782) - Analyse linéaire « LA COMTESSE, rêvant. Eh bien, Suzon ? SUZON. Eh bien, Madame, est-ce qu'on peut faire finir ce petit démon-là ? Ma Marraine par ci ; je voudrais bien par l'autre ; parce qu'il n'oserait seulement baiser la robe de Madame, il voudrait toujours m'embrasser, moi. LA COMTESSE, rêvant. Laissons?laissons ces folies? Enfin, ma pauvre Suzanne, mon époux a fini par te dire ? [...]
[...] - Le parallélisme de construction « ?par ci ; ?par l'autre » met en avant le penchant de Chérubin autant pour la Comtesse que pour sa servante. - L'emploi du conditionnel présent avec « oserait » et « voudrait » montre l'ambiguïté du comportement de Chérubin. « oserait » met en avant de la retenue envers la Comtesse par rapport au terme « voudrait » qui montre une volonté affirmée. - « Parce qu'il n'oserait seulement baiser la robe de Madame, il voudrait toujours m'embrasser, moi » : ces deux phrases fonctionnent sur un système d'oppositions entre la Comtesse et sa servante. [...]
[...] On voit qui dirige avec l'emploi de l'impératif : « Laissons?laissons ». - La Comtesse se laisse gagner par une sorte de rêverie amoureuse, elle parle distraitement, au sujet de Chérubin, pour demander la suite à sa servante : « Eh bien, Suzon ? » montre qu'elle est curieuse et demande des détails supplémentaires. - Au-delà des conventions d'une relation maîtresse servante, la Comtesse utilise des termes affectueux qui témoignent d'une réelle affection pour Suzanne et d'une complicité : le diminutif « Suzon », « ma pauvre Suzanne ». - Avec l'emploi de l'expression « ma pauvre », la Comtesse compatit à la difficulté de la résistance de Suzanne ; elle s'adresse ici à la femme. [...]
[...] - Les points de suspension et la répétition de « laissons » par deux fois évoquent une ellipse qui montre que la Comtesse ne trouve pas ce qu'elle veut dire. - La passion de Chérubin est mise en valeur avec le terme « démon ». L'expression « ce petit démon-là » est une périphrase pour désigner Chérubin. L'emploi de l'adjectif « petit » vise à lui enlever de l'importance et à le rendre insouciant. - De plus, Suzanne considère la cour que lui fait Chérubin comme une sorte de transfert de l'amour que celui-ci ressent pour sa maîtresse. [...]
Source aux normes APA
Pour votre bibliographieLecture en ligne
avec notre liseuse dédiée !Contenu vérifié
par notre comité de lecture