Islam, Les Veilleurs de Sangomar, Fatou Diome, animisme, syncrétisme religieux, Sénégal, culture sérère, Roog Sène, Maad Saloum Maléotane, littérature africaine, religion traditionnelle, spiritualité autochtone, religion
Le roman de Fatou Diome illustre bien le syncrétisme religieux à l'oeuvre au Séngal et dans de nombreux pays africains.
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Un passage du roman illustre bien la façon dont peuvent cohabiter différentes religions et traditions spirituelles dans l'univers de Coumba. Le christianisme est présent avec la mention des enfants qui se rendent à l'église. C'est ensuite l'islam qui est indirectement mentionné avec le religieux qui appelle à la prière, le Muezzin. Le Muezzin occupe une fonction fondamentale dans cette religion et sa présence dans l'extrait n'est pas anodine. Mais c'est également l'animisme et en particulier l'animisme sérère qui est évoqué dans ce passage avec la référence à Maad Saloum Maléotane, une figure majeure de l'animisme dans la culture sérère.
[...] Ce passage peut être vu comme une métaphore de la résistance culturelle et spirituelle : les pratiques animistes ne sont pas effacées par l'islam ou le christianisme, mais subissent une sorte de fusion ou d'adaptation. Comme l'explique : « Du contact de la culture animiste et de la culture islamique est issu un syncrétisme qui facilite le processus de changement religieux Ce complexe syncrétique a pour pôles, d'une part ce que nous continuerons d'appeler par commodité "animisme", d'autre part l'islam. Il va de l'adoption, par la religion traditionnelle, d'éléments musulmans dont la signification est assimilée ou non, jusqu'à l'adhésion à l'islam, un islam dont certains éléments peuvent être réinterprétés en termes traditionnels et qui est lui-même transformé par ce qu'il assimile2 ». [...]
[...] C'est toute la force de l'?uvre romanesque de nous mettre à la place de, de développer notre empathie pour nous plonger parfois dans des univers sociologiques qui sont bien éloignés du nôtre. III. La pratique animiste comme moyen d'accomplissement L'autrice Fatou Diome nous montre un certain aspect de la religion animiste à travers le personnage de Wassiâm, la belle-mère de Coumba. Cette personne se présente en quelque sorte comme un cas prototypique de la persistance de l'animisme dans certains pays africains malgré la présence forte d'une religion puissante et autoritaire telle que l'Islam. « Nuits du Saloum Les lucioles guident les inspirés, entre le monde des vivants et le royaume des ombres. [...]
[...] La belle-mère, Wassiâm, combine dans son langage ainsi que dans son esprit l'obligation d'adhérer à une religion imposée de manière autoritaire. Ce personnage illustre donc bien la tension qui existe entre la foi imposée qu'est l'islam et une spiritualité autochtone, bien ancrée dans les m?urs, dans les us et coutumes, qui continue d'influencer fortement les pratiques locales et les mentalités. L'expression « ratatouille arabobantoue-islamo-paganisante » est une façon amusante de démontrer la fusion d'éléments religieux disparates. Ce mélange d'influences montre que, même si l'islam est une religion imposée, les gens de la région continuent à vivre selon une cosmogonie traditionnelle où les ancêtres, les esprits et les dieux locaux sont toujours idolâtrés avec une certaine ferveur dont les habitants ne peuvent se cacher, et Coumba est le témoin de cette idolâtrie chez sa belle-mère. [...]
[...] Au Saloum, tout semble marquer la continuité temporelle face aux vicissitudes de l'existence et notamment les grandes difficultés que traverse le personnage de Coumba en premier lieu et que les lecteurs connaissent bien parce qu'ils y assistent en direct et au travers d'une narration très vivante. Sangomar, qui se présente comme une entité spirituelle et mythologique, en prolonge les souffles et maintient les vies en équilibre. Il est celui qui, à travers la bise, assure une connexion entre le monde des vivants et celui des morts, une connexion très importante au Sénégal comme dans de nombreux pays africains. Bibliographie Diome, Fatou. Les Veilleurs de Sangomar, Le Livre de poche p. 99. Diome, Fatou. [...]
[...] Les Veilleurs de Sangomar - Fatou Diome (2019) - Écriture contemporaine de l'animisme dans la littérature francophone subsaharienne : une religion perpétuée par l'?uvre romanesque de Fatou Diome - Religions, rites et deuil I. Pour une universalité spirituelle : un syncrétisme religieux Le roman de Fatou Diome illustre bien le syncrétisme religieux à l'?uvre au Séngal et dans de nombreux pays africains comme l'illustre ce passage de l'?uvre : « Hey, Sihalebe Je veux bien te faire une offrande, mais ne réclame pas l'insipide riz à l'huile de plume d'Oussoye, c'est un étouffe-chrétien Eh oui, tes enfants vont maintenant à l'église endimanchés. [...]
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