Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos, Christophe Martin, philosophie, libertinage, corruption, existentialisme, roman épistolaire, sentiments, aliénation sociale, Rousseau, littérature française, pathologie sociale, psychologie sociale
Pour le critique et spécialiste du XVIIIe siècle, Christophe Martin, la leçon des Liaisons dangereuses consiste en sa dénonciation de "la catastrophe que constituent une appréhension dénaturée de l'existence et le refus de consentir à cette perte de soi qu'est le sentiment" (Laclos, Rousseau et le roman du libertinage, n°194, 2023).
Dans quelle mesure ce jugement rejoint-il votre lecture du roman ?
[...] Le recours et le dénigrement de Rousseau soulignent dès lors leur aversion pour le sentiment, ce qui les met cruellement à distance de leur humanité. Dès lors, la forme épistolaire permet non seulement de montrer leur pathétisme mais aussi de dénoncer la pathologisation de leurs comportements. Cette pathologie est celle qui gangrène une aristocratie corrompue et particulièrement mal intentionnée vis-à-vis de leurs mondes extérieurs. En cela, la lecture de Christophe Martin permet de comprendre d'une manière plus sombre le roman épistolaire de Chloderlos de Laclos. [...]
[...] Dans quelles mesures le comportement des deux protagonistes principaux des Liaisons Dangereuses de Laclos illustrent-ils réellement l'analyse de Christophe Martin ? Pour le critique et spécialiste du XVIIIe siècle Christophe Martin, la leçon des Liaisons dangereuses consiste en sa dénonciation de " la catastrophe que constituent une appréhension dénaturée de l'existence et le refus de consentir à cette perte de soi qu'est le sentiment " (« Laclos, Rousseau et le roman du libertinage" n°194, 2023) Dans quelle mesure ce jugement rejoint-il votre lecture du roman ? [...]
[...] Il est le symptôme d'une dynamique sociale dévoyée qui produit ses propres règles et conduit à une redoutable dénaturation. L'origine du mal chez Rousseau (et c'est visiblement le cas aussi chez Laclos, quoi qu'en pense Malraux) n'est nullement métaphysique, mais bien purement sociale.?» Il va d'ailleurs plus loin en analysant spécifiquement la lettre LXXXI de Merteuil dans laquelle il analyse qu'il ne s'agit pas simplement d'un jeu, il s'agit bien d'une aliénation et d'une pathologie qui enrôle ces deux personnages : «?Le sujet des grandes monarchies au faîte de la perfectibilité corrompue : figure exemplaire de la dénaturation de l'amour de soi dévoyé en amour-propre et figure emblématique du phénomène d'aliénation qui constitue les rapports sociaux corrompus dans la civilisation européenne. [...]
[...] Dès lors dans cette dissertation, nous tenterons à l'aune de cette citation de répondre à la question suivante : Dans quelles mesures le comportement des deux protagonistes principaux illustrent-ils réellement l'analyse de Christophe Martin ? I. Une conception « dénaturante » de l'existence par les deux protagonistes principaux A. Le libertinage comme un refus de ressentir le réel Le vicomte de Valmont et la marquise de Meurteuil, s'adonnent en tant que jeunes et riches à des jeux libertins, qui permettent de les détourner de la qualité oisive de leur existence. [...]
[...] Bibliographie Martin, C. (2023). Laclos, Rousseau et le roman du libertinage. Poétique, 194(2), 211-230. [...]
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