Pétrarquisme, sonnet, poésie, Gélodacrye, Jacques Grévin, Carpe diem, Memento Mori, satire, amour, littérature française, contre-blason, blason, codes pétrarquistes, oxymore
Le Pétrarquisme est une expression littéraire du XVIe siècle, ayant pour but de montrer une passion amoureuse intense, par le biais d'éloges presque divins de la Dame-muse, qui paradoxalement pour attiser cette passion (du latin patior : « je souffre ») se voit refuser par cette dernière, par son absence, poussant le poète dans un état de joie-souffrance intense. Cet état a tout de même ses limites. Car, avec ce dernier, nous nous attardons seulement sur cette beauté presque divine, nous ne transformons pas « encore » la laideur en beauté. C'est pourquoi le vieillissement et la mort, suite inéluctable à la beauté, ne sont pas commentés au présent, rendant le Pétrarquisme ainsi que cette dernière (la beauté) éphémère. C'est pourquoi certains poètes, tels que Jacques Grévin dans son recueil appelé la Gélodacrye de 1560, souhaitent nous inviter à voir au-delà de cette beauté inhumaine. De par le savoir de la fatalité touchant tout Homme, il veut malgré tout nous « revitaliser » de cette peur psychologique (par le biais de la satire, l'ironie...) juste en dessous du rire (2° lecture : juste en des sourires).
[...] Ce sonnet marque un tournant dans la poésie, puisqu'il montre les désirs, les peurs parfois cachées, sur un ton d'ironie, rendant ainsi ce dernier, plus qu'un simple lieu de romantisme, mais bien un lieu de vérité et d'expression d'une nature humaine, présente, et non à part entiers. Conclusion : C'est pourquoi, pour conclure, nous pouvons dire que Jacques Grévin a réussi, tout en gardant certains codes du sonnet, à renverser tous les codes pétrarquistes, comme nous l'avons vu, au service d'une poétique de la Gélodacrye, mêlant les rires aux larmes. [...]
[...] C'est pourquoi, nous pouvons nous demander, en quoi le renversement des codes pétrarquistes du sonnet est-il au service d'une poétique de la Gélodacrye mêlant le rire et les larmes ? Pour ce faire nous verrons dans un premier temps, si ce sonnet présente les caractéristiques du Carpe diem (hérité de Ronsard). Puis comment Grévin renverse les codes pétrarquistes, pour enfin savoir comment ce renversement agit pour une poétique de la Gélodacrye. Un sonnet en forme de Carpe diem ? Un sonnet adressé à une dame : une situation conventionnelle Cette situation est conventionnelle de par le fait que le sonnet du XVI° siècle est, par essence, adressé à une dame, pour lui faire l'éloge de sa beauté et permettre ainsi au poète une expiation de sa passion amoureuse. [...]
[...] La question que nous pourrions nous poser est, est-ce que la dame est vue au prisme d'un registre satirique pour critiquer la société de l'époque ? Ou est-ce juste une revanche du poète n'ayant pas eu, reçu ce qu'il désirait ? Dans tous les cas, nous assistons ici, à un magnifique renversement des codes pétrarquistes préétablis pour nous mener à un style de sonnet différent, voyant au-delà du romantisme et de la passion pour nous mener à une poétique de la Gélodacrye. [...]
[...] Le renversement des codes pétrarquistes Entre blason et contre-blason : l'art de défigurer Comme vu en amont, le Pétrarquisme, idolâtre la beauté féminine, il est donc logique, en renversant les codes pétrarquistes, de renverser également cette beauté, non forcément en laideur, mais plus en critique, en ironie? Par exemple l.4 « lèvres mortes », l.5 « monts cailletés », l.6 « bras potelés »? Nous avons ici, un bon registre satirique, critiquant ce qui, ici est flagrant, l'apparence des dames du XVI° siècle. Par cette description satirique, non seulement il mène en dérision la beauté de cette dame, mais également les attentes superficielles de la société de l'époque. [...]
[...] Qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre, nous avons dans tous les cas une poétique mêlant deux états de pensées distincts, soit le rire et les larmes. Une poétique oxymorique alternant entre rire et larme La passion est un état intense alternant entre joie-souffrance à elle seule. Renforcé de par, encore une fois la condition humaine, soit la dette que tout Homme doit payer. Grévin, ici, sait très bien jouer sur ces deux tableaux oxymoriques, en rappelant la beauté de la dame, mais dans un ton sarcastique. [...]
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