Érasme, Grandeur et décadence d'une idée, Stephan Zweig, biographie, Érasme, humanisme, Seconde guerre mondiale, nazisme, Martin Luther, polémiques
L'intellectuel Stefan Zweig est né en 1881 à Vienne, en Autriche, et est décédé par suicide le 23 février 1942 à Petrópolis, au Brésil. [...]
La publication de son ouvrage « Érasme, Grandeur et décadence d'une idée » en 1935, recueil biographique de ce philosophe humaniste hollandais, a lieu alors que son auteur est parti s'exiler au Royaume-Uni. Avant même sa parution officielle, l'écrit était déjà sujet à une polémique.
[...] Ses propos ont ainsi accrédité la doctrine nazie. Les théories philosophiques défendues par Erasme ne sont pas les raisons qui ont amené Zweig à s'intéresser à lui. L'auteur a fait de ce personnage une figure intellectuelle parfaite et sans en distinguer littérature et philosophie il a dans un même temps proposé une définition de la philosophie, doctrine universelle dans laquelle chaque individu devrait se retrouver. Cette posture s'avère être seulement intentionnelle car dans la réalité du texte sa philosophie ne prône pas toujours des valeurs humanistes. [...]
[...] L'auteur va ainsi transformer Erasme, représentation symbolique de l'humanisme en un looser par nature. Ce dernier est condamné d'office avant même le début de son combat. Les théories fanatiques qui sont évoquées par l'écrivain à travers l'apparition du père du luthéranisme ne sont pas le facteur essentiel à l'opposition avec Erasme. S'il ne se contentait que de mettre en avant la descendance paysanne modeste de Luther, l'écrivain n'aurait pas pour autant des dires de nature vitaliste. Il s'appuie sur cette solide constitution pour en faire un symptôme de sa vitalité. [...]
[...] Erasme n'a pas de génie en lui, il se contente de collectionner et ses écrits ne sont pas originaux. Sa « substance » est hors de sa personne car il n'a pas la capacité de puiser ses ressources en lui. Zweig le présente alors comme « trop raisonnable », « pas assez passionné » ; il s'agit là d'une « faiblesse ». Cette « faiblesse » n'est plus « mystérieuse » et son fondement explique les origines de l'humanisme et les motifs de sa faillite. Le triomphe de ses opposants et notamment d'Adolphe Hitler caricaturé sous la figure du nationaliste Luther est ainsi proclamé à plusieurs titres. [...]
[...] Érasme, Grandeur et décadence d'une idée - Stephan Zweig (1935) L'intellectuel Stefan Zweig est né en 1881 à Vienne, en Autriche, et est décédé par suicide le 23 février 1942 à Petrópolis, au Brésil. A la fois écrivain et journaliste, il a écrit plusieurs nouvelles dont les plus remarquables sont « Le Joueur d'échec », « La Confusion des sentiments » ou encore « Amok ». Biographe de renom il a réalisé de nombreux portraits notables tel que ceux de Marie-Antoinette, Michel Montaigne, Joseph Fouché, etc. [...]
[...] Le personnage d'Erasme n'est ici pas vraiment lui-même. Il est un européen convaincu qui défend des valeurs universelles, persuadé des vertus de la raison et qui a conscience que l'éthique est désormais supplantée par la politique. Les rapports entre Stefan Zweig et Erasme sont très enrichissants mais l'opposition entre Erasme et Luther est une piste d'analyse qu'il convient de considérer. En effet, Erasme est décrit comme « cosmopolite », « homme de la pensée universelle » alors que Luther incarne le fanatisme nationaliste. Les valeurs humanistes et le fanatisme meurtrier sont des points antagonistes que l'auteur expose. [...]
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