Littérature homosexuelle, genre gay, Seconde Guerre mondiale, homosexualité, identité homosexuelle, stigmatisation, résilience, romantisme, sociologie, histoire, culture queer, littérature comparée, études de genre, homosexualité masculine, Le Banquet, Platon, régime nazi, traumatisme psychologique, dénonciation, humiliation, après-guerre
Si la littérature classique est riche de récits de relations homoérotiques, tel Le Banquet de Platon ; celle d'après-guerre, notamment post-Seconde Guerre mondiale, paraît cependant marquée d'une coloration particulière par les ressorts psychologiques, moraux et psychiques nés ou développés dans le contexte de guerre.
Les persécutions menées par le régime nazi, en particulier à l'encontre des homosexuels, ont marqué un tournant dans l'histoire du genre, mais également un traumatisme psychologique et social profond, générant au coeur de l'identité homosexuelle une prise de conscience et un sentiment d'appartenance renforcé, dont la littérature a su exprimer les nombreuses subtilités. L'humiliation, la dénonciation, l'exclusion et les déportations ont marqué au fer rouge l'identité homosexuelle.
[...] En effet, révélés par les besoins du conflit, ils se distinguent tantôt par des comportements de bravoure, participant pleinement aux combats, tantôt par des compétences individuelles les rendant indispensables à une société blessée. Partout s'exprime le désir de prendre part au monde de ces hommes et ces femmes. Utiles, voire utilitaires, ils jouent, comme les autres, le rôle de héros sur les fronts ou bien de citoyens ordinaires. La guerre les révèle, simples êtres humains, individus parmi la foule, valeureux ou dociles, membres d'une corporation. Ils sont soldats, objecteurs de conscience ou encore réformés mais toujours placés au c?ur du conflit, impactés directement par les évolutions historiques. [...]
[...] L'Allemagne nazie déporta les homosexuels qu'ils considéraient comme des êtres inférieurs et immoraux et dont les actes constituaient un affront à la théorie de la pureté raciale du régime dictatorial. L'homosexuel devait être exclus de la vie civile car il représentait soudainement une perversion et un danger pour l'État nazi. La loi a donc institué l'homophobie comme norme sociale inscrit l'homosexualité comme délit dans le paragraphe 175 sous le régime nazi, décret qui ne sera abrogé qu'en 1994. Les homosexuels seront les victimes des tortures les plus infâmes, d » expériences médicales » insoutenables, de sévices corporels, de castration. [...]
[...] Cela renvoie à la façon dont ces hommes et femmes ont été heurtés par des décisions et des traitements dont ils ne furent que les objets. Une littérature de l'identité homosexuelle L'approche sociocritique, comme la définit Edmond Cros, offre de penser un individu culturel. Or, tout l'enjeu consiste à définir la nature du sujet. Je ou moi, selon les termes établis en fonction de la position du sujet, la question reste « quelle est la part du nous dans ce je ou dans ce moi ? Quelle est la part de l'autre dans ce moi ou dans ce je ? [...]
[...] Le corpus Nous avons choisi neufs romans représentatifs des principaux pays engagés dans le conflit : La France avec Jean Genet (Pompes Funèbres), la Grande-Bretagne avec Renault (The Charioteer), l'Italie avec Carlo Coccioli (Fabrizio Lupo), l'Espagne avec Augustin Gomez-Arcos (L'agneau carnivore), les Etats-Unis avec Allan Berube (Coming out under Fire) et Gore Vidal (The city and the pillar), les Pays-Bas avec Jeff Last (Eein huis zonder vensters) et le Japon avec Les Amours interdites de Mishima. Ces choix ont été résolus par une volonté marquée d'étudier le genre homosexuel sous des angles de perceptions socio-culturels différents, notamment dans les pays emblématiques de la seconde guerre mondiale pour tenter de définir comment la sexualité du genre, son expression ou son musellement ont-ils été considérés durant cette période et quelles en ont été les conséquences. Orientations et axes de développement Nous montrerons comment les conditions historiques et sociales mêmes ont contribué à l'exacerbation du genre homosexuel. [...]
[...] Meurtris par la guerre, les homosexuels vont adopter deux positions ambivalentes mais essentielles à la compréhension du genre : une fascination ambiguë ou un acte de résistance. Ils font ?uvre de choix. La littérature objective sur cette période, notablement, leur conscience politique, morale et sociale. Ils s'insèrent, ils adhèrent ou refusent d'adhérer (à la guerre) et offrent ici l'image de forces agissantes, émancipées d'un carcan ou d'une bien-pensance sociale, objectivant des prises de position individuées propres. Pourtant, certains récits vont plus loin : le récit français propose de défier symboliquement la stigmatisation de l'occupant allemand, par l'acte sexuel homosexuel brut tandis que Vidal offre de regarder une société malade, à l'attitude névrosée qui rend les êtres déséquilibrés, s'accouplant au hasard, rendus à un point de non-retour et menés, presque indolents, à leur propre chute. [...]
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