Psychanalyse, éducation, clinique psychanalytique, médiation de la relation éducative, enseignant, apprenant en difficulté, Freud, Ferenczi, pédagogie éclairée, Mélanie Klein, centre psycho-pédagogique
Les rapports entre les champs de l'éducation et ceux de la psychanalyse ont été problématiques dès leur conception. Freud a rapidement perçu la portée de ses découvertes, pour la pratique de l'éducation, dès 1903 ; une éducation « subvertie » par la psychanalyse avait été envisagée, qui s'est fortement heurtée aux enjeux de l'éducation. Le « rôle énorme que joue l'éducation » l'avait amené à envisager de réduire les névroses par une éducation appropriée qui prendrait en compte la sexualité infantile. Ferenczi relève le problème en 1908, lors de sa conférence : « Psychanalyse et pédagogie », au Congrès des psychanalystes. Il s'agissait peut-être d'élargir l'usage de l'outil psychanalytique à des professionnels autres que des médecins. Par la suite, les avancées de Jung concernant l'inconscient ont suscité l'intérêt de certains pédagogues, dont Oskar Pfister, qui prônait une « pédagogie éclairée » par la découverte des mécanismes inconscients. En 1912, Claparède à Genève inclut la psychanalyse dans la formation aux Sciences de l'Éducation, en direction des enseignants.
[...] Le deuxième degré consiste à s'inspirer des sciences cognitives, mais sans leur faire d'emprunt direct. Par exemple dans le cadre de la « conception de l'intelligence des élèves », dans le cadre des modalités de passage entre le niveau novice et le niveau expert d'un intervenant. Le troisième degré a trait aux théories de l'intelligence tirées des sciences cognitives, au travers des recherches sur la mémoire, le langage et la notion de concept. En conclusion de ces éléments concernant les enseignants, ils ne doivent pas oublier qu'en situation d'apprentissage, l'apprenant ne s'inscrit pas sur l'exercice qui lui est soumis, mais seulement sur la représentation qu'il s'en fait, à partir de ses acquis antérieurs. [...]
[...] Les contributions de Piaget à la pédagogie ont joué un rôle important pour la théorie de l'éducation, même si elle s'est déclinée sous diverses formulations. En attirant l'attention sur le « développement cognitif des enfants », il prône une manière d'éduquer qui s'appuie sur les sollicitations cognitives favorisant la créativité et sur l'instruction de l'esprit critique ; le savoir n'est pas la copie de la réalité, mais le fruit des interrelations entre le sujet et son environnement. Si les différents stades de sa théorie, qui mènent l'enfant du « stade sensori-moteur au stade de l'abstrait » sont étoffés aujourd'hui par les travaux sur la neurophysiologie, et les études sur la psychologie de l'enfant ; alors, les avancées technologiques de l'imagerie cérébrale permettent de nos jours d'explorer la biologie du développement cognitif. [...]
[...] Les élèves qui s'estiment capables d'améliorer leur intelligence par l'effort et l'apprentissage, sont en mesure de prendre certains risques parce qu'ils ont compris que leurs erreurs ne sont pas imputables à leur intelligence, mais seulement à la mauvaise stratégie qu'ils ont employée. Ils peuvent donc rectifier leur man?uvre71. De nombreux ont essayé de comprendre les raisons pour lesquelles un élève montre « une conception stable de l'intelligence ». Le comportement des enseignants est mis en cause par Dweck72, puis par Tardif qui reprend ses propos. Ils visent les enseignants qui, trop focalisés sur l'exactitude des réponses négligent la stratégie adoptée par l'élève pour résoudre une question, par exemple. [...]
[...] L'utilité et le plaisir procurés par l'apprentissage de ce savoir, a aussi son importance, ainsi que les personnes impliquées dans l'apprentissage. Mais le rapport au savoir se retrouve le plus souvent dans la signification que l'élève accorde au mot « Apprendre » ? Nous avons rappelé précédemment, que le « désir de savoir » se rattache aux diverses théories sexuelles qu'un enfant élabore pour répondre à ses propres interrogations : « Les enfants savent maintenant quelque chose qu'ils ne savaient pas jusqu'ici, mais ils ne font rien de ces connaissances nouvelles qui leur ont été offertes. [...]
[...] Dans les années 80, sociologues et psychanalystes ont théorisé cette notion de « rapport à », et Y. Chevallard a entrepris en 1992, les premières recherches didactiques du français. Cette notion de « rapport au savoir » a évolué ensuite, par les travaux entrepris en Sciences Humaines et Sociales, à l'instar de l'équipe de psychanalystes de l'Université Paris Nanterre25 qui souhaitait étudier les pulsions d'un sujet qui désire apprendre. Les sociologues de Paris-VIII prirent le relais pour tenter de comprendre le « rapport au savoir » et le « rapport à apprendre des élèves »26. [...]
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