psychanalyse, Lacan, deuil, mélancolie, perte, Freud, névrose, psychose, surmoi, moi, narcissisme, identification, ambivalence, stade sadique, libido, perte d'objet, travail de deuil, douleur psychique, conflit psychique, autodépréciation, humeur, désintérêt, inhibition, objet d'attachement, métapsychologie, topique freudienne, objet cessible, objet séparable, identité, angoisse, castration, transfert, objet de don, suicide, Deuil et mélancolie, pulsion de mort, Mélanie Klein
Dans le domaine de la médecine antique, la mélancolie a été assimilée à un déséquilibre de l'humeur ou à une humeur noire. On avait tendance à l'époque à faire usage de l'expression « bile noire » pour qualifier cette affection. Plus tard, cette expression a influencé d'autres domaines, notamment la psychiatrie et la psychanalyse, et son utilisation y est presque devenue monnaie courante. La notion de « bile noire », issue de la théorie des « humeurs antiques », est associée dans le domaine psychanalytique, à la mélancolie. Freud a entre autres fait usage de cette notion afin de faire la description d'un deuil impossible et les conséquences destructrices pouvant toucher le sujet. (Freud S. (1968) Deuil et Mélancolie, éd. Seuil) [...]
La mélancolie tout comme le deuil comportent un objet perdu comme nous venons d'indiquer. Cependant, ce qui différencie les deux, c'est que dans le deuil, la perte de l'objet est en général consciente et le sujet s'applique à l'abandonner, à se séparer de l'investissement de la libido. La perte objectale dans la mélancolie est pratiquement inconsciente ou « mal conscientisée » et on assiste à une introjection de l'objet par le sujet, qui se manifeste par un repli sur soi-même « sur l'ombre de l'objet qui tombe sur le moi ». (Lacan, ibid)
Cette situation engendre une position d'autodépréciation, une dévalorisation du moi. Nous nous posons désormais les questions suivantes : Comment s'opère l'investissement de l'objet aussi bien dans le deuil que dans la mélancolie ? Quelle est la nature de cet objet ?
[...] D'une part, il signifie l'objet matériel et veut dire le deuil du deuil. D'autre part, il rappelle le deuil et devient l'objet « mémorialisé » du deuil. En dépit de l'existence de ces deux acceptions, l'objet mélancolique est difficilement perceptible pour dire qu'il y a concrètement investissement objectal. Jacques Lacan indique : « L'objet (dans la mélancolie) y est, chose curieuse, beaucoup moins saisissable pour être certainement présent, ( . ). » (J. Lacan, Le transfert, Livre VIII, 1960-1961, Seuil, Paris p. 463) Autrement dit, la structure descriptive de la mélancolie demeure problématique car elle est encline à beaucoup de changements dans le cadre de la psychanalyse et de la psychiatrie. [...]
[...] Mais ce qui spécifie la mélancolie est le fait de comprendre qui le sujet a perdu et non la chose qu'il a perdue dans la personne. « Ainsi nous serait suggéré de rapporter, d'une façon ou d'une autre, la mélancolie à une perte soustraite à la conscience, à la différence du deuil dans lequel rien de ce qui concerne la perte n'est inconscient. » (Freud S., « Deuil et mélancolie », Métapsychologie, Gallimard, Paris 2001, p. 146) L'extrémisme de cette distinction entre le deuil et la mélancolie est contesté car la douleur psychique n'est pas légitime. [...]
[...] L'objet matériel ne constitue pas pour autant un rapport à l'objet symbolique maternel capable de restaurer le vide de la déception. Si on adopte le point de vue du mélancolique, il est question d'un objet édifié marquant une source de jaillissement inépuisable. II.1.5. L'objet lacanien En nous référant désormais à l'objet d'après Lacan, l'objet « a », dont l'accès est exclusivement impossible, l'objet suscitant le désir, nous pouvons comprendre que ce désir ne peut pas être maintenu sans un contretemps. Le Séminaire V de Lacan, intitulé « Formations de l'inconscient », souligne que l'objet « a » constitue l'origine du désir et renforce « la division subjective ». [...]
[...] Il prend considérablement de temps mais est fini au terme du travail de deuil. Par contre, dans la mélancolie, la perte est internalisée car elle n'est pas bien assimilée et le sujet mélancolique a l'impression d'être responsable de la perte et de ses impacts et le travail de deuil n'existe pas. D'ailleurs si on se réfère à Freud, le deuil est considéré comme le travail de l'appareil psychique « consécutif à la perte d'un objet d'attachement, un être cher ». (Freud, S. [...]
[...] La durée du deuil La durée du deuil peut varier d'un endeuillé à un autre, en fonction du degré de leur souffrance. Il peut s'étendre sur plusieurs semaines, sur plusieurs mois voire des années. En outre, dans la mélancolie, la perte peut être inconnue et a pour effet un travail intérieur similaire au deuil. Ce dernier est responsable de l'inhibition de la mélancolie. Mais ce qui les distingue est que la frigidité et l'imprégnation du mélancolique nous font penser à une énigme car en réalité, il n'est pas possible de voir ce qui occupe réellement l'esprit de ces « mélancoliques ». [...]
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