Bernard Lahire, Muriel Darmon, inégalités scolaires, expression écrite, facteurs sociologiques, socialisation, école primaire, école maternelle, famille, culture collective, sociologie
À la lumière des travaux de deux sociologues émérites, parus à la toute fin du XXe, que sont Bernard Lahire avec "L'inégalité devant la culture écrite scolaire : le cas de l'expression écrite à l'école primaire" (1992) et Muriel Darmon pour "La socialisation, entre famille et école. Observation d'une classe de première année de maternelle" (2001), nous nous proposons de réfléchir aux évolutions de la forme scolaire et à une possible finitude du modèle en tant que vecteur privilégié d'une socialisation universelle.
[...] Ce faisant, l'auteur confronte le mythe scolaire aux réalités sociales, tout en définissant les contours d'un modèle admis et pourtant limité. Ces exercices traduisent, par les difficultés qu'ils révèlent un rapport à l'outil linguistique, à l'auditoire et à soi-même de l'élève, autrement dit à son environnement réel. Il montre encore combien l'exercice d'écriture ?uvre symboliquement à « l'apprentissage d'un pouvoir », pour lequel un dépassement de soi apparaît comme une étape préalable indispensable. Les deux auteurs montrent donc, au-delà de l'ambivalence des rapports contraignants établis entre sphère familiale et sphère scolaire, comment les pré requis et pré acquis constituent, à tous âges de l'enseignement scolaire, des impératifs institutionnels imprescriptibles. [...]
[...] Dans le contexte particulier de l'enseignement en maternel, elle étaye le fait que l'école conduit le jeune enfant, essentiellement au travers de l'agrégat de conduites sociales, jusqu'au statut scolaire. Elle met également l'accent sur ces deux sphères très différenciées que sont la famille et l'école, mettant en lumière des métiers distincts, pourtant amenés à cohabiter et poussés à une acculturation réciproque née de la nécessité d'acquérir des compétences sociales communes. Ainsi les deux auteurs marquent, non l'indifférenciation, mais au contraire l'inter influence de ces deux sphères, dont l'entité scolaire, constitue, en quelque sorte, le lieu de rencontre où doit se réaliser l'acquisition de compétences normées, prédéfinies. [...]
[...] Les deux sociologues évoquent, en particulier, tous deux l'imperméabilité des perceptions enseignantes qui nourrissent ces éléments limitatifs. Sous ces paradigmes donc, le modèle scolaire apparaît davantage comme un passage normatif que comme un traitement égalitaire des élèves, pour lequel réussite scolaire et origine sociale semblent plus que jamais imbriqués dans une forme de passation restreinte. Et c'est ainsi que loin de passer d'un modèle privé à un modèle social, l'école se voit privée de ses horizons émancipateurs, impasse dont seuls les sociologues, peuvent entrevoir quelque ligne de retrait. [...]
[...] L'inégalité devant la culture écrite scolaire : le cas de l' « expression écrite » à l'école primaire - Bernard Lahire (1992) ; La socialisation, entre famille et école. Observation d'une classe de première année de maternelle - Muriel Darmon (2001) - Peut-on parler de fin de la forme scolaire ? Si l'école constitue depuis sa démocratisation, le haut lieu de socialisation des enfants devenus élèves et ce, sous plusieurs paradigmes, en raison de la rencontre qu'elle implique entre nécessairement des sphères personnelle et publique, elle n'en demeure pas moins soumise à des contradictions et des évolutions qui donnent à voir des enjeux parfois controversés voire modifiés de la lecture scolaire. [...]
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