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Lorsque la Réserve Fédérale (FED) décide de relever ses taux fin 2016, elle signalait par cette annonce que l'économie américaine était non seulement de retour à son niveau de PIB potentiel et de plein emploi, mais que son évolution allait commencer à générer des pressions inflationnistes, requérant donc un relèvement graduel et progressif du taux directeur. [...]
A contrario, on n'observe pas la même reprise économique en zone euro - cette dernière continue d'exhiber un taux de chômage plus élevé - de l'ordre de 8% en 2018, et une croissance anémique, mais surtout hétérogène parmi les membres de l'union monétaire.
Alors que la FED commence graduellement à réduire ses programmes de rachat d'actifs - assouplissement quantitatif, les dirigeants de la BCE continuent de manifester leur soutien pour les programmes QE comme l'instrument de politique monétaire le plus à même de relancer l'activité économique.
[...] On peut donc expliquer le phénomène de faible inflation persistante par la forte modération salariale que l'union vit depuis 2012. 2. Comparaisons d'agrégats macroéconomiques Selon l'OCDE, l'inflation en zone Euro s'établissait à contre 2,03% aux États-Unis en moyenne entre 2005 et 2018. Cependant, ce sont les écarts en termes de taux de chômage qui interpellent le plus : entre 2005 et 2008, le taux de chômage aux États-Unis s'établissait à contre en zone Euro. La récession qu'a traversée l'économie américaine a fait remonter le chômage très rapidement, mais la reprise économique l'a fait réduire tout aussi rapidement - et à fin 2018, le chômage s'établissait à moins de outre-Atlantique, contre presque en zone Euro - cette dernière observe une stagnation de son taux de chômage avant et après la crise, alors que ce dernier a considérablement baissé aux États-Unis, et rien ne semble arrêter sa tendance à la baisse. [...]
[...] La Banque Centrale ne peut pas instituer directement un taux négatif, et se trouve limitée dans sa politique monétaire. Afin de juguler les effets déflationnistes de la stagnation économique, la Banque du Japon a été pionnière en matière de politique monétaire non conventionnelle. Le pays a vécu une longue décennie de déflation, et les politiques monétaires classiques n'ont pas réussi à endiguer ce phénomène. Shirai20 (2017) montre que malgré la mise en place de politique monétaire expansive via des canaux conventionnels et non-conventionnels, la Banque du Japon a échoué depuis 2013 à réaliser son objectif-cible d'inflation à un échec attribué principalement à l'impact dilué des programmes QE sur la demande agrégée. [...]
[...] dénotent respectivement l'output gap et le taux d'inflation, et ? un choc de politique monétaire en moyenne nul. L'output gap est calculé comme la différence entre la production potentielle et celle réellement observée. Le gap est généralement utilisé comme une mesure d'activité économique - lorsqu'il est négatif, cela veut dire que le PIB est en-dessous de son niveau potentiel, et donc que les facteurs de production sont sous-utilisés. Dans le cas du marché du travail, cela veut dire que le taux de chômage est supérieur à son niveau NAIRU. [...]
[...] Concept de règle monétaire Malgré ces objectifs de ciblage d'inflation et/ou de plein emploi, les banques centrales n'ont été que récemment amenées à décider leurs politiques monétaires en adoptant en comportement de règle. Les travaux théoriques de Kydland & Prescott5 (1977) montrent que pour optimiser le bien-être social, le décideur public doit adopter un comportement constant (invariant au temps) et prévisible aux autres agents économiques. Autrement, l'incertitude générée par un comportement discrétionnaire (et optimal sur le court-terme) pourrait affecter négativement le bien-être agrégé. [...]
[...] En conséquence, la banque centrale n'est pas prête à relever ses taux dans le futur proche. Au lendemain de la crise financière et de la récession mondiale qu'elle a précipité, les banques centrales des principales économies mondiales ont drastiquement réduit leurs taux directeurs respectifs, à l'exception de la BCE, qui a été beaucoup plus lente à réagir aux effets de la récession, une caractéristique de la situation d'une union monétaire où les politiques fiscales ne sont pas cordonnées. la BCE a été moins ambitieuse que les autres banques centrales à réduire son taux directeur à zéro. [...]
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