Opération Serval, France, Mali, diplomatie, forces armées, coopération internationale, ONU Organisation des Nations Unies, CPCO Centre de Planification et de Conduite Opérationnelle, militarisme, opération Barkhane, islamisme
La décision de la France d'envoyer ses troupes au Mali lors de l'opération Serval a illustré une certaine liberté d'action, ainsi que des capacités d'entrée en premier presque uniques. Elle symbolise son autonomie stratégique qui se traduit par la maîtrise de différents mécanismes (projection, renseignement, logistique), mais met également en évidence des dysfonctionnements et des limites.
[...] C'est d'ailleurs le meilleur rapport entre les pertes françaises et ennemies depuis plus d'un siècle. Cela est à relier aux technologies de protection et de sécurité toujours plus efficaces, à des dispositifs de renseignement performants ainsi qu'à une bonne gestion opérationnelle du conflit, bien que l'opération ait mis en évidence un certain nombre de déficiences (au niveau logistique, matériel etc)15. Soutenir et durer Dans certaines régions comme celle de Gao, l'intervention n'est pas une réussite totale puisque les groupes terroristes armés restent bien présents et mènent des combats de manière asymétrique (par le biais d'attentats suicides, d'actes individuels, d'infiltrations etc). [...]
[...] Au moment où la France intervient, personne ne pense que le président de la République, François Hollande, sera prêt à prendre une telle initiative et les groupes armés continuent leurs attaques au sud. En effet, on considère à l'époque que les expériences en Afghanistan et en Irak ont été dissuasives en termes d'intervention militaire, notamment dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. L'ONU est également un important facteur de blocage de ces initiatives d'intervention. Par ailleurs, les déclarations des différents responsables politiques et militaires français ne laissent pas entrevoir d'intervention possible8. [...]
[...] Du 17 au 28 janvier, les attaques aériennes se multiplient sur le territoire et des drones sont utilisés afin de surveiller les zones ennemies. Des attaques sont ainsi menées sur plusieurs cibles identifiées comme terroristes et un dispositif terrestre est développé en coopération avec les troupes maliennes et les régiments étrangers de parachutistes. Ensuite, et durant plus de deux mois, des frappes aériennes se déroulent contre des centres d'entrainement ou des bases identifiées. Plus de 120 sorties sont enregistrées dans le but de mener des attaques ou de transporter des équipements en soutien aux attaques terrestres en coopération au nord avec les troupes tchadiennes13. [...]
[...] Les opérations sur place se sont déroulées en coopération avec l'armée malienne et tchadienne sur le territoire et, au nord, en coopération avec le MNLA (le mouvement nationaliste Touareg). Le gouvernement malien a également autorisé l'intervention française en lui donnant « carte blanche »18. C'est donc une opération croisée qui n'a été possible que par la coopération de l'ensemble de ces acteurs. Par ailleurs, la préservation de ce succès militaire dépend de la communauté internationale et de la coopération avec les pays du Sahel afin d'inscrire cette lutte contre le terrorisme dans la durée et de permettre au Mali mais également à toute une zone de rester stable. [...]
[...] D'importants moyens aériens et équipements sont déployés et l'opération est marquée par une intervention immédiate qui rappelle les modèles utilisés pendant la Guerre Froide et qui avait été abandonnés malgré leur efficacité. Cela est rendu possible par des troupes prépositionnées, des mécanismes de décision rapides, des équipements permettant des frappes à distance, un transport rapide et une collaboration avec les forces locales. Le 11 janvier 2013, la France engage donc son armée au sol et dans les airs et appuie l'armée malienne en déployant d'abord des raids aériens (mirages et hélicoptères de l'armée de terre) qui stoppent l'avancée des groupes terroristes en route vers le sud pays10. [...]
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