Géographie et géopolitique, Sciences économiques et politiques, politique méditerranéenne, politique française, sommet de Barcelone, diplomatie, politique européenne, UpM Union pour la Méditerranée, espace maritime
Nous proposons, dans le cadre de ce travail, de se focaliser plus particulièrement sur le cas de la politique méditerranéenne de la France depuis la fin de la Guerre froide, c'est-à-dire en 1991, dans la mesure où cet événement crucial dans les relations internationales a bouleversé tant la diplomatie mondiale et régionale que les initiatives politiques de la part des pays européens. En ce sens, le cas de la France reste pertinent à étudier tant son histoire se confond avec l'espace maritime que représente la Méditerranée. En effet, selon la géopoliticienne Dorothée Schmid, « la première légitimité des Français à produire une vision méditerranéenne découle en effet de leur connaissance intime de la région ; familiarité nourrie de longue date par une tradition d'intervention politique qui culmine avec l'expérience coloniale, au Maghreb d'abord, puis au Proche-Orient » (Schmid, 2007). En effet, que ce soit ces relations anciennes ou actuelles, ses interventions militaires extérieures récentes (en Libye en 2011 ou en Syrie à partir de 2014), mais surtout par ses frontières maritimes importantes, la France reste un acteur clé pour comprendre cet espace hétérogène.
[...] Il est donc nécessaire de réaffirmer ici, que l'espace méditerranéen reste hétérogène et c'est par cette qualification qu'il nous faut comprendre les politiques et les relations internationales à l'intérieur de cet espace. Cependant, comme nous le verrons au cours de notre seconde partie, les discours officiels des dirigeants politiques et notamment ceux des dirigeants français vont quant à eux insister sur l'unité de l'espace méditerranéen, quitte à frôler parfois la démagogie. En effet, l'instrumentalisation n'est jamais loin, pour justifier une politique qui vise à rapprocher, dans une logique davantage économique que politique, de rapprochement entre les pays dits du Nord, c'est à dire occidentalisés et les pays dit du Sud, anciennement colonisés et en voie de développement. [...]
[...] Dès lors, affirmer et assumer une position de leadership en Méditerranée, c'est donc passer par l'absolution de ce passé en rétablissant des relations bilatérales basées sur le respect mutuel. Cependant, les relations internationales restent sujettes à de nombreuses variables qui font que l'établissement de ce type de relations bilatérales ne peut se faire qu'en faisant des compromis mais surtout, elles doivent s'établir avec des régimes stables. En cela, que ce soit l'Algérie, empêtrée dans la « Révolution du sourire » depuis février dernier, ou encore la Tunisie, fragilisée depuis la mort de son président Béji Caïd Essebsi le 31 juillet dernier, ne sont pas encore dans des positions politiques qui puissent leur permettre de répondre favorablement à la main tendue par la France. [...]
[...] Ainsi, en guise de réponse à notre problématique, nous pouvons maintenant affirmer que le bassin méditerranéen constitue de facto un élément moteur de la stratégie de puissance de la France dans la mesure où cette dernière a utilisé ce vaste territoire pour tisser des relations, établir des protections sans oublier de maintenir son influence en favorisant son rôle de faiseur de paix grâce à sa volonté d'unir tous les peuples de la méditerranée. Cependant, comme le montre Edmund Ratka, « un véritable partenariat autour de la Méditerranée semble difficilement réalisable tant que le monopole d'interprétation de ce qui pourrait être une civilisation méditerranéenne et une vision sur la région euro-méditerranéenne reste une prérogative du Nord32 » (Ratka, 2010). [...]
[...] Les derniers plans effectués ces dernières années se nomment pour le premier le projet Odyssea. Il fut lancé en 2008 et a pour mission de contribuer à l'écotourisme dans les villes côtières. Mais le programme le plus intéressant se nomme le programme européen nommé Med-IAMER et qui s'est déroulé entre 2014 et 2015. Cet ambitieux projet avait pour objectif de déterminer « les nouvelles menaces environnementales pesant sur le bassin méditerranéen » via des actions communes entre les pays méditerranéens si l'on en croit le site internet du programme31. [...]
[...] Si la France échoua à contrôler la Libye et l'Égypte, elle n'en joua pas moins un rôle majeur dans la région. À partir de 1920, elle acquit même un mandat sur le Liban et la Syrie11 » (Noé, 2017). D'ailleurs, tout au long du XXème siècle, jusqu'à la fin de la Guerre Froide en 1991, les déconvenues de la politiques françaises en méditerranée sont à juger selon ses défaites liées à des conflits, notamment en 1956 lors de la crise du Canal de Suez. [...]
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