Aide humanitaire, innovation, GAFAM, Microsoft, Google, NTIC Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, philanthropisme, fracture numérique, révolution numérique, Afrique, Ouganda, Tanzanie, Bill Gates, géopolitique
Même si le choix de l'Afrique peut s'imposer facilement lorsqu'il s'agit de traiter du développement et des actions humanitaires, notamment du fait des crises à répétitions subies par les pays de cette région du globe, ce n'est pas le cas en ce qui concerne notre focus sur la région des Grands Lacs, comme l'Ouganda et la Tanzanie, dans la mesure où ces pays sont rarement étudiés selon le prisme du développement, notamment en ce qui concerne les études francophones. En cela, il constitue le premier écueil dans notre étude. Cependant, prendre ces pays comme exemple n'est résolument pas dénué d'intérêts. En effet, s'intéresser à cette zone de l'Afrique reste pertinent dans la mesure où la croissance tant économique que démographique reste importante et, nous le verrons en détail au cours de ce travail, que la forte implication de la fondation Bill et Melinda Gates doit être appréciée sur la même ligne que l'arrivée massive des TIC et des outils technologiques. Cependant, ce constat apparent n'est pas si évident à appréhender.
Que ce soit la « fracture numérique », l'utilisation de procédés innovants comme l'IA pour effectuer à la fois de l'humanitaire et des profits commerciaux, sans omettre la fragilisation de certains liens sociaux dans des sociétés encore marquées par la ruralité et la transmission orale, un certain nombre de phénomènes à la fois sociaux et géopolitiques seront appréciés durant ce présent travail.
Ainsi, suite à ce propos qui a l'objectif de déceler les fils conducteurs de cette recherche, nous proposons la problématique suivante : Dans quelles mesures l'aide humanitaire apportée par les GAFAM, dont Microsoft en particulier, est caractérisé par des enjeux diamétralement opposés, voir paradoxaux ? En d'autres termes, l'aide humanitaire de Microsoft, via son programme d'intelligence artificielle par exemple, répond-elle davantage à des objectifs purement humanitaires et de développement local ou plutôt à des objectifs commerciaux qui ont pour avantages de placer des produits de la marque américaine ? En d'autres termes, en quoi le philanthropisme d'une fondation comme celle de Bill Gates, le fondateur de Microsoft, fait-elle à la fois de l'aide humanitaire et du profit, tout en participant à cristalliser des effets pervers, des dommages collatéraux concernant le développement local, spécifiquement sur un continent marqué par le colonialisme passé et par son retard en termes de développement tant économique que social ?
[...] Ce partenariat en particulier a créé des outils d'IA pour la cartographie en Tanzanie et en Ouganda0, notamment en mettant au point des outils relevant du machine learning, c'est à dire, en utilisant un programme informatique qui examine les images aériennes et qui extrait automatiquement les données afin d'aider les contributeurs de l'organisation, les mappers, c'est à dire littéralement ceux qui font les cartes. En effet, ce système d'IA se propose d'effectuer de la même manière que les humains utilisent leurs yeux pour regarder des images satellites afin de tracer numériquement des bâtiments. Cependant, cette technologie n'aurait pu exister uniquement par l'aide de Microsoft. [...]
[...] Fracture qui explique l'arrivée massive de l'argent publique et privé dans ce domaine. Ainsi, dans un second temps nous nous concentrerons sur les nouvelles technologies, sur leur essor dans le monde d'aujourd'hui et plus particulièrement concernant le développement. Nous avons pu voir ci-dessus, comment, pour certaines institutions comme l'OCDE, il faut lier les TIC avec les OMD. Nous verrons en détail ce qu'il en est. Le dernier moment de ce chapitre sera quant à lui plus critique dans la mesure où nous nous poserons la question de savoir si l'influence qui est celle aujourd'hui des GAFAM dans notre « village global », pour reprendre la terminologie cher à Marshall Mcluhan0, doit être appréciée comme relevant d'une « cybercolonisation » ou plutôt d'une « cyberpaix » ? [...]
[...] Dès lors, à la lumière de ce propos, il est intéressant de constater que cette professionnalisation s'est accompagnée d'un rôle plus important donné au travail humanitaire via le prisme des ONG. En effet, même si le sens commun assimile le travailleur humanitaire comme produisant une vision, voir une représentation simplifiée de la réalité, c'est à dire en faisant de son « combat » une lutte juste, il reste que ce dernier, lorsqu'il travail au sein d'une ONG, peut se rendre compte du glissement nécessaire qui doit s'opérer dans ce champ professionnel. [...]
[...] En effet, à la lumière de cette interrogation, il nous faut comprendre pourquoi les tenants de l'économie 2.0 se sont donnés comme projet de cristalliser une vocation humaniste à travers de fondations. Au cours de notre premier chapitre nous avons pu apprécier comment le philanthropisme est un moyen de s'assurer du prestige grâce à la donation de fortune. En ce sens, l'initiative lancée par les milliardaires Warren Buffet et Bill Gates en 2010 et intitulé « The giving pledge », autrement dit « Promesse de don » constitue le sommet de ce genre de pratique dans la mesure où cette volonté s'est traduite par l'engagement d'un bon nombre de milliardaires américains dont Marc Zuckerberg qui lança sa fondation intitulé CZI, comme nous avons pu le voir plus haut. [...]
[...] C'est ce que confirme Jean-Jacques Bogui. Selon lui, « la cybercriminalité est devenue en Côte d'Ivoire, en l'espace de quelques années, un véritable problème de société. Après le début de l'intégration de l'Internet au milieu des années 1990 dans la société ivoirienne, marquée entre autres par une sorte de fascination de la jeunesse et la multiplication des cybercafés, l'heure est maintenant au désenchantement, voire à la crainte. En effet, l'usage des TIC, encouragé par les autorités politiques, connaît assurément des déviations dangereuses 0» (Bogui, 2010) Cette menace est véritablement prise au sérieux par les autorités ivoiriennes dans la mesure ou un ministre s'occuper de gérer les transformations sociales des NTIC dans le pays. [...]
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