Trump, Twitter, fake news, désinformation, campagnes électorales, élection présidentielle, démocratie américaine
Il est intéressant d'apprécier comment la désinformation peut être une arme au service d'un pouvoir en construction, c'est-à-dire dans le cadre d'une élection présidentielle, pour augmenter ses chances d'accéder au pouvoir et dans sa manière d'exercer son pouvoir. De ce fait, nous avons souhaité, dans le cadre de ce travail, nous intéresser plus particulièrement à « l'idéaltype », selon la terminologie de Max Weber, de la personnalité politique qui a utilisé de façon massive les médias à sa guise dans son ascension et depuis son accession à la présidence des États-Unis, le 8 novembre 2016, à savoir Donald Trump (1946). En effet, il faut apprécier le caractère officiel de ses discours, comme l'a envisagé Michel Foucault, c'est à dire comme étant « à la fois contrôlé, sélectionné, organisé et redistribué par un certain nombre de procédures qui ont pour rôle d'en conjurer les pouvoirs et les dangers, d'en maîtriser l'évènement aléatoire » (Foucault, 1971).
[...] Communication politique et lobbying, Éditions De Boeck, Coll. « Info & Com » Bruxelles Daignes, Geoffroy. « Pour en finir avec les fake news », Le Débat, vol no pp. 110-116. Debord, Guy, La société du spectacle, Gallimard, Coll. Folio, Paris, (1992) pour la présente édition Dulaurans, Marlène. « Donald Trump - Le storytelling des présidentielles en 140 caractères », Revue française des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 11 2017, mis en ligne le 01 août 2017, consulté le 23 juillet 2019. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/3068 ; DOI : 10.4000/rfsic.3068 Fassassi, Idris. [...]
[...] Force est de constater, à la lumière de notre analyse, que la massification des réseaux sociaux permis par Internet a contribué à modifier la plupart des paradigmes et des cadres qui pouvaient, dans le cadre d'une analyse du politique, expliquer ou comprendre les nombreux mécanismes expliquant par exemple l'arrivée au pouvoir dans une société démocratique. Le rapport entre les médias et Donald Trump est donc paradoxal dans la mesure où ce dernier vilipende la sphère médiatique. Cependant, comme le montre d'une manière ironique Gilles Biassette dans son article, Donald Trump souffle « le show et le froid29 » parce qu'il critique les médias tout en sachant qu'il a besoin de ces derniers pour colporter ses « petites phrases » distillés sur son réseau social de prédilection, à savoir Twitter. [...]
[...] Et c'est pour cela, que la campagne de 2016 aux Etats-Unis marque un tournant, c'est par l'utilisation en toute connaissance de cause (et potentiellement de ses effets déstabilisants) d'une technique langagière singulière et novatrice à ce degré de pouvoir politique même si officiellement, Donald Trump a utilisé pour la première fois explicitement la terminologie de « fake news » lors d'un tweet le 10 décembre 2016, soit un mois environ après son élection15. Ainsi, il nous faut comprendre qu'elle est la « cible » de Donald Trump lorsqu'il agite la menace planée par les « fake news » sur la démocratie et la société américaine. [...]
[...] Au jour des élections, le 8 novembre, le nombre de suivis de Trump sur Twitter était passé à 13 millions, contre 10,3 millions pour Clinton, ce qui représente un avantage net de 2,7 millions de followers 24» (Francia, 2018). Même si l'interprétation qui vise à démontrer que le nombre de followers fut significatif dans la victoire de Trump reste sujette à caution, il faut toutefois rappeler que l'utilisation des médias sociaux comme Twitter a permis une couverture médiatique gratuite qui a pu au fur et à mesure des commentaires livrés en 140 caractères mobilisé un électorat qui s'est plutôt rangé derrière le candidat qui a su utiliser un langage politique plus direct. [...]
[...] Cependant, avant d'aller plus loin, nous devons caractériser ce qu'est une « fake news », que l'on peut littéralement traduire par l'expression « fausse nouvelle10 ». En ce sens, pour Hunt Allcott et Matthew Gentzkow, les « fake news » peuvent être assimilées à des « articles de nouvelles intentionnellement et faussement vérifiés, susceptibles d'induire les lecteurs en erreur11 » (Allcott, Gentzkow, 2017). Ces deux auteurs insistent bien dans cet article qu'une « fake news » est doté de caractéristiques qui l'éloignent de certains autres types de nouvelles qui peuvent être rapprochés des « fake news » comme par exemple les erreurs de signalement involontaire, les rumeurs et les légendes urbaines, les théories du complot, les satires, les fausses déclarations ou les rapports faussés12. [...]
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