Littérature engagée, rôle de l'écrivain, liberté de la presse, ironie, satire, esclavage, guerre, bêtise humaine, dysfonctionnements du monde, Albert Camus, Montesquieu, Voltaire, regard critique, littérature d'idées, censure, presse, écrivains, résistance, De l'esprit des lois, Candide, boucherie héroïque, servitude, libertés, vérité, caricature, dénonciation, La Boétie, Montaigne, Des boiteux, journaliste
Les écrivains s'inspirent du monde qui les entoure et portent souvent sur lui un regard distancié. Camus insiste sur ce point dans un article consacré à la liberté de la presse, article qui aurait dû être publié en 1939, mais qui, ironie du sort, a lui-même subi la censure. Le journaliste - et, partant, l'écrivain - doit vérifier l'authenticité de ce qu'il raconte au lecteur pour lui permettre de porter un regard critique sur le monde. Il doit donc se montrer lucide, ne pas craindre de regarder la vérité en face, même si elle lui déplaît, et peut, pour confronter son public à la vérité, utiliser l'ironie.
[...] Le Soir républicain - Albert Camus (1939, non publié) - En quoi leur clairvoyance parfois satirique a-t-elle permis au lecteur de changer de regard sur le monde ? Il peut sembler surprenant de défendre encore la liberté de la presse. Cette dernière reste pourtant le seul moyen de remporter la victoire sur l'ennemi. Bien que la liberté ne soit pas infinie, on ne saurait accepter la censure. Comment un journaliste peut-il rester libre malgré la censure ? Comment manifester pleinement sa liberté en période de guerre ? [...]
[...] La littérature d'idées peut donc avoir un véritable impact. À mes yeux, l'image, et plus particulièrement la caricature, peut avoir ce même pouvoir de dénonciation satirique du monde. [...]
[...] Le journaliste - et, partant, l'écrivain - doit vérifier l'authenticité de ce qu'il raconte au lecteur pour lui permettre de porter un regard critique sur le monde. Il doit donc se montrer lucide, ne pas craindre de regarder la vérité en face, même si elle lui déplaît, et peut, pour confronter son public à la vérité, utiliser l'ironie. Dès le XVIe siècle, les écrivains pratiquant la littérature dite d'idées ont voulu décrire le monde tel qu'il est pour nous ouvrir les yeux sur ses dysfonctionnements. En quoi leur clairvoyance parfois satirique a-t-elle permis au lecteur de changer de regard sur le monde ? [...]
[...] D'autres écrivains dénoncent, plus globalement, la bêtise humaine : c'est elle qui nous pousse à croire des choses fausses, elle qui peut nous faire accepter l'inacceptable, que ce soit l'esclavage ou la guerre. Camus dit bien en quoi consiste le rôle de l'écrivain : il doit résister, croire que la guerre n'est pas une fatalité et permettre à chacun de croire la même chose. Montaigne, dans son essai « Des boiteux », s'en prend à la bêtise des hommes, qui les pousse à croire ce qu'ils voient sans vérifier les faits. En portant un regard critique sur le monde, on peut le rendre meilleur. [...]
[...] Montesquieu se met dans la peau d'un esclavagiste et cherche à mettre au jour l'absurdité de ses raisonnements : « le sucre serait trop cher » s'il n'était cultivé par des esclaves. En quoi un argument économique se verrait-il accorder plus d'importance qu'un argument humain ? Au lecteur de décrypter le texte de Montesquieu et de comprendre, par exemple, que si aucune loi n'est formulée contre l'esclavage, c'est bien parce que les princes sont trop occupés à faire des « conventions inutiles », autrement dit il serait utile de formuler une telle loi. [...]
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