Le Spleen de Paris, Les Fenêtres, Baudelaire, poème, art poétique, création poétique, compassion, connaissance de soi, vie quotidienne, introspection
Le poème "Les Fenêtres" s'inscrit dans ces scènes de la vie parisienne souvent décrites dans les Petits Poèmes en prose de Charles Baudelaire. Au travers de sa fenêtre, le poète regarde à la fois la ville et son intériorité. Le poème devient alors lui-même une fenêtre, permettant de voir au-dehors et en soi.
[...] Le Spleen de Paris, Les Fenêtres - Charles Baudelaire (1869) - En quoi ce poème peut-il servir l'art poétique ? Le poème "Les Fenêtres" s'inscrit dans ces scènes de la vie parisienne souvent décrites dans les Petits Poèmes en prose de Charles Baudelaire. Au travers de sa fenêtre, le poète regarde à la fois la ville et son intériorité. Le poème devient alors lui-même une fenêtre, permettant de voir au dehors et en soi. Dès lors, en quoi ce poème peut-il servir l'art poétique ? [...]
[...] Et cet art poétique ne provient pas de son intellect mais de son imagination et de sa sensibilité, ainsi que de sa compassion. Le regard du poète est tourné vers l'extérieur, mais aussi vers sa propre intériorité. Ainsi, la fenêtre permet au poète de développer une réflexion sur son art poétique. La rêverie, pleine d'émotion, permet une méditation sur la poésie et l'existence. Le spectacle banal du quotidien et de l'urbain permet la contemplation et l'émotion : seul le poète sait voir, sous l'apparence banale du quotidien, la vérité et la beauté cachées de la vie. [...]
[...] C'est grâce à la compassion qu'il peut s'identifier à autrui. En partageant la souffrance des autres, bien que ce partage soit illusoire et fictif, uniquement dans l'écriture, le poète peut écrire et transformer le réel. Dès lors, on note, le long du poème, un glissement entre autrui et le Je du poète : il se soustrait à ceux qu'il voit, et jusqu'à devenir « fier d'avoir vécu et souffert d'autres que moi-même ». En vivant par procuration l'existence de cette femme, le poète constate qu'elle « m'a aidé à vivre » : le poète accepte donc la réalité s'il peut, par la suite, la transformer par la poésie, et cette transformation passe par l'identification. [...]
[...] Un art poétique La fenêtre est donc un objet symbolique qui sert ici au poète à décrire sa création poétique. Et, en ce sens, on peut lire ce poème comme un art poétique. A. Le spectacle du quotidien et de l'urbain permet la création poétique C'est le spectacle du quotidien et de l'urbain qui permet la création poétique. La fenêtre est l'objet qui permet la source de l'inspiration du poète qu'est le monde, la ville et ses passants, notamment la femme, ce qui rappelle le poème « A une passante » de Charles Baudelaire. [...]
[...] C'est donc un milieu intermédiaire dominé par la vision, et c'est justement cette vision qui permet la création poétique. On note la présence d'un champ lexical du regard : « regarde », « voit », « voir », aperçois »? Et c'est ce regard qui permet la poésie, comme on observe dans ce vers « j'aperçois ». De plus, le regard est inversé : le poème ne va pas de l'intérieur vers l'extérieur (comme le fait l'observateur près d'une fenêtre) mais de l'extérieur vers l'intérieur, du monde vers l'intériorité du poète, comme en témoigne le vers « ce qu'on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre ». [...]
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