Palladion, Pallas Athéna, Énée, Romulus, Rome, pouvoir, légitimité, mythologie romaine, histoire romaine, politique romaine, empereurs romains, Vespasien, Trajan, César, Jupiter Indiges, Quirinus, Vénus, Ascagne
Le Palladion tire d'abord sa signification de son lien étroit avec des figures divines et héroïques. Tout d'abord, l'association au pouvoir est faite par la forme même du Palladion, statuette représentant la déesse Pallas (Athéna), « protectrice des cités et de la guerre justifiée ». Il est donc directement associé à la sécurité de Rome et à son statut de cité guerrière et puissante.
[...] Énée le transmettra à son fils Ascagne, qui le transmettra lui-même à sa descendance, jusqu'à Romulus. Le Palladion sera également associé, au IIe siècle, à une nouvelle divinité. Roma, personnification de Rome, sera en effet représentée avec une statuette de la victoire rappelant le Palladion. Roma renforce l'idée que le pouvoir de Rome est protégé, légitimé, divin. Largement représenté avec le Palladion, Énée est le fils de la déesse Vénus et sera lui-même divinisé à sa mort, devenant Jupiter Indiges (de même que Romulus deviendra Quirinus). [...]
[...] Dans tous ces cas, le Palladion est utilisé comme un instrument de légitimation. Il permet aux dirigeants de se présenter comme les héritiers d'une tradition ancienne et non pas comme des figures isolées. Ainsi, ils renforcent leur autorité en se rattachant à un passé prestigieux et en se plaçant sous la protection du divin. Ils se mettent en scène aux côtés du Palladion, la rendent visible et crédible aux yeux du peuple qui associe depuis longtemps le Palladion au pouvoir de Pallas, à la pietas d'Énée, et à la fondation de la ville. [...]
[...] Le Palladion représente en effet la continuité du pouvoir puisque relié étroitement à la fois au mythe, à l'histoire et à la politique. Par son association à Pallas et à Roma, il incarne la protection divine et la légitimité de la cité. Par sa transmission d'Énée à Ascagne puis à Romulus, il inscrit le pouvoir dans une lignée fondatrice qui traverse le temps. Enfin, par sa récupération par les empereurs romains, il devient un instrument de propagande permettant d'affirmer une autorité et se montrer puissant. [...]
[...] En se représentant avec la statuette, ils se font les héritiers légitimes des fondateurs de Rome et s'inscrivent dans la suite de son histoire légendaire. Un premier exemple apparaît en 69 après J.C., lorsque Galba, gouverneur d'Hispanie, tente de fonder une nouvelle dynastie. Il fait frapper une monnaie sur laquelle il est représenté recevant le Palladion des mains d'une Hispania divinisée, qui rappelle Roma. Cette imagerie est reprise par d'autres empereurs comme Vespasien, qui règne de 69 à 79 après J.C., et qui utilise lui aussi la représentation du Palladion pour asseoir son pouvoir après une période de troubles. [...]
[...] Culture latine sur le Palladion « Si le Palladion est dérobé, la ville tombe ». De cette légende, les Grecs justifiaient la chute de Troie par le vol de l'objet sacré des mains d'Ulysse et Diomède. Dans la tradition latine, cependant, Énée le sauve des flammes et le conserve avec lui. Objet convoité, disputé par les mondes grec et romain, lié aux grandes figures fondatrices, le Palladion apparaît comme un symbole de légitimité du pouvoir et de transmission de ce dernier. [...]
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