UE Union Européenne, droite politique, extrême droite, euro, Front National, bloc bourgeois, classe dominante, élections triangulaires, gaullisme, libéralisme économique, progressisme, néolibéralisme, fordisme, capitalisme vert, mondialisation, nationalisme, Parti Républicain, défi écologique, Ve République, parti politique, enjeux politiques
La « droite » est la branche politique portant les intérêts dans l'espace du politique, d'un « bloc bourgeois » (Gramsci), associant les différentes couches de la classe dominante et des classes supplétives qui lui sont associées ou favorisent leur intérêt en feignant une attitude de rupture avec le système (l'extrême droite). La faiblesse de l'interprétation matérialiste, même si l'on reconnaît aux enjeux économiques et donc sociaux une prédominance en politique, est de mésestimer l'autonomie du champ politique.
Notre problématique sera que la classification de René Rémond a été fortement bousculée par deux grands enjeux sous la Ve République.
[...] La post modernité voit s'affirmer des milieux aux revenus aisés, très ouverts sur le plan des m?urs, très cosmopolites, mais aussi fréquemment à l'avant-garde en matière écologique. Cette évolution pose un problème aux partis de droite, qui ne parviennent pas à convaincre d'un modèle viable de « capitalisme vert 6» malgré des tentatives comme « le grenelle de l'environnement » ou les déclarations de Jacques Chirac (« La maison brûle »). Cette rencontre entre une nouvelle sociologie et une thématique qui devient obsédante dans le débat public avec le réchauffement planétaire est un facteur d'affaiblissement majeur des partis de droite dans les grandes agglomérations. [...]
[...] À la droite de la droite, les influences maurassiennes d'antan restent toutefois vives, ravivées par le débat aigu en France autour de l'islam. Le mur entre droite et extrême droite a bénéficié politiquement à plusieurs reprises à la gauche, lui permettant par le biais des élections triangulaires de remporter des élections (notamment les législatives de 1997). Dans l'autre sens, un positionnement clair a aussi pu favoriser la droite quand elle est arrivée en tête (second tour de l'élection présidentielle de 2002). II - Faut-il être « absolument moderne »4 ? II.1 - L'impact de la déchristianisation. [...]
[...] Pourtant, une partie de la droite s'oppose à certaines évolutions de société présentées comme inéluctables, en matière de m?urs notamment. Une troisième façon de caractériser la droite est celle proposée par la tradition du matérialisme historique, pour laquelle la lutte politique n'est que l'expression de la lutte des classes3. La « droite », dans cette configuration, est la branche politique portant les intérêts dans l'espace du politique, d'un « bloc bourgeois » (Gramsci), associant les différentes couches de la classe dominante et des classes supplétives qui lui sont associées ou favorisent leur intérêt en feignant une attitude de rupture avec le système (l'extrême droite). [...]
[...] Les partis politiques de droite en France depuis 1958 : transformations et enjeux La vision spatialisée des rapports politiques se réfère au placement des députés lors du vote décisif sur la mort de Louis XVI. Droite et gauche ont ainsi été caractérisées en fonction de leur attitude face au régime politique souhaité. Ainsi la classification de René Rémond1 a longtemps prévalu, distinguant trois droites : l'orléaniste (libérale), la légitimiste (l'attitude contre-révolutionnaire), le bonapartisme (s'en remettre à la légitimité d'une personne charismatique au sens wébérien). [...]
[...] Eve Chiappelo et Luc Boltanski ont décrit dans un ouvrage phare5 le tournant du capitalisme après mai 68, celui-ci « digérant » les aspirations libertaires existant dans la société, pour les utiliser à son profit (ouvrant de nouvelles perspectives de consommations) et justifiant la flexibilité au nom des valeurs « artistes » du néolibéralisme. La droite, liée aux forces financières, a ainsi dû effectuer sa propre mue. Mais avec difficulté, le succès d'Emmanuel Macron, aspirant une partie de la droite, reposant sur une synthèse entre un libéralisme économique échevelé et un progressisme dans le domaine des m?urs (PMA, rôle de premier plan de Marlène Schiappa dans le dispositif politique). II.3 - Émergence d'une « bourgeoisie bohème », montée en puissance du défi écologique. [...]
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