L'Amant, Marguerite Duras, roman, littérature française, théâtre, amour, représentation sociale, personnification, tragédie, mélancolie, tristesse, mise en scène
Marguerite Duras est une des romancières les plus célèbres du vingtième siècle. Elle remporte le prix Goncourt en 1984 avec son roman, L'Amant, qui reste son plus grand succès.
L'extrait qu'il nous est donné d'étudier se situe vers la fin du roman, lorsque les deux personnages sont amenés à se séparer.
[...] On retrouve également la notion d'un amour interdit avec la tristesse qu'elle ne peut pas montrer : « on ne devait pas pleurer ce genre d'amants ». Importance de la représentation de soi : « sans montrer ses larmes ». « parce qu'il était chinois et qu'on ne devait pas pleurer ce genre d'amants » : cette phrase montre l'importance du regard social en même sur le dénigrement dont peut être l'objet son amant à travers la formule « ce genre d'amants ». « sans montrer à sa mère et à son petit frère qu'elle avait de la peine ». [...]
[...] Nous assistons de nouveau à une sorte de personnification des objets dans la mesure où la longue automobile noire apparaît comme une sorte de prolongement de l'amant de la narratrice. Le personnage de l'amant disparaît petit à petit. La voiture est décrite comme « isolée ». On peut deviner que c'est ici la solitude de l'amant de la narratrice qui est décrite ici. Au contraire, l'amant de la narratrice perd presque sa substance humaine : « forme à peine visible qui ne faisait aucun mouvement, terrassée ». [...]
[...] La passivité des personnages L'amant disparaît presque magiquement pour laisser place à la forme de l'automobile noire qui apparaît presque comme un substitut métonymique à l'amant. « il (le bateau) lançait ses mugissements terribles et mystérieusement tristes » : le bateau apparaît comme une bête blessée qui vit ses derniers moments. Le bateau et son remorquage personnifie le départ de la narratrice et la séparation des deux amants « le bateau encore une fois disait adieu ». Le bateau semble comme animé d'une volonté propre : « de ses propres forces, s'engageait dans la rivière ». [...]
[...] Nous sommes encore dans le théâtre avec ce jeu de regards qui caractérise les deux amants dont la pudeur empêche qu'ils se regardent franchement. C'est aussi l'impossibilité de la confrontation à la réalité de la douloureuse séparation qui gouverne cet étrange jeu de regards où les personnages se regardent sans vraiment se regarder. Le caractère tragique de leur séparation est rendu de manière bouleversante par la romancière. C'est une scène d'adieu presque comme on peut le voir dans les films. [...]
[...] Cette scène fait écho de manière contraire à leur scène de rencontre puisqu'ils vont se séparer dans ce passage. C'est un moment qui n'existe que pour les deux amoureux. Ils apparaissent presque comme seuls au monde. II -Une séparation douloureuse Le caractère pathétique et tragique de la scène « trois coups de sirène très longs, d'une force terrible ». Nous remarquons l'intensité des qualificatifs. Tout le monde semble englobé dans cette tristesse. Nous pouvons le voir avec l'accumulation sur le plan stylistique, avec la répétition de « ceux qui ». Une atmosphère de mélancolie englobe tout le passage. [...]
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