La Peau de chagrin, Balzac, Jacques le Fataliste, Diderot, Don Quichotte, Cervantes, philosophie, intertextualité, duo, fidélité, chrétienté, mort, raison, ironie, religion, condition humaine, surnaturel, critique sociale, bien et mal, sociologie
Notre étude se portera sur 3 oeuvres, à savoir La Peau de chagrin de Balzac, Jacques le fataliste de Diderot et Don Quichotte de Cervantes.
La Peau de chagrin d'abord, concerne un jeune homme suicidaire qui va se procurer un talisman : la peau de chagrin. Une peau qui réalise tous ses voeux mais dont le rétrécissement mesure désormais sa vie.
Ensuite, Jacques le Fataliste traite des aventures de deux cavaliers, Jacques et son maître. Les deux protagonistes cheminent vers une destination inconnue, un chemin ponctué d'évènements.
Don Quichotte retrace le voyage d'un « chevalier » et de son fidèle « écuyer » Sancho. Entre délires et réalité, Don Quichotte, passionné de romans de chevalerie, veut rendre la justice et combattre le mal.
[...] Réflexion sur la mort et l'évolution de la société Au-delà de l'aspect religieux lié à la vie, on retrouve une réflexion sur la mort17 : « Soumettons-nous à l'ordre universel lorsque nous perdons nos amis, comme nous nous y soumettrons lorsqu'il lui plaira de disposer de nous » (page 97, Diderot). Il est question dans l'oeuvre de Balzac d'interroger la mort, de la comprendre à travers le symbole de la peau. Raphaël se voit mourir progressivement, ceci induisant une réflexion philosophique sur la vie évidemment. Dans cette oeuvre nous avons bien à faire à la question religieuse mais sous une dimension nouvelle. [...]
[...] Ainsi cette citation invite à considérer en premier lieu Jacques puis son maitre, ce dernier étant associé à son valet par une conjonction de coordination. On se demande donc, lequel des deux a véritablement le pouvoir et la notoriété. Chez Cervantes, l'idée est la même, dans l'épisode des moulins par exemple, la réalité de Sancho face à l'imagination de Don Quichotte, place le valet au-dessus du maitre6 : « Sancho Panza accourut à son secours de tout le trot de son âne, et trouva, en arrivant près de lui, qu'il ne pouvait plus remuer, tant le coup et la chute avaient été rudes. [...]
[...] Ainsi, aussi bien dans Don Quichotte que dans Jacques le fataliste, nous avons à faire à un duo. Duo de personnages qui se vouent fidélité et admiration mais qui, parfois, se confrontent pour mesurer leur autorité. L'un n'allant pas sans l'autre, ces binômes fonctionnent et avancent ensemble pour faire progresser le récit. La notion de duo est reconnue et légitimée à tel point que, le duo Sancho/Don Quichotte est aujourd'hui mondialement connu. In fine, on trouve une différence de traitement dans la Peau de chagrin. [...]
[...] Alors, les 3 oeuvres sont porteuses du thème religieux et de réflexions philosophiques notamment sur la vie et la mort. Alors que Don Quichotte a une approche religieuse fortement marquée par la chrétienté, Jacques le fataliste prend ses distances avec la religion. On observe même une critique de la religion perçue comme corrompue. Diderot prend alors le parti de la « fatalité » et invite les lecteurs à une réflexion sur la vie. C'est en ceci qu'il est intéressant de rapprocher Diderot et Balzac, leurs idées convergeant vers la suprématie de l'interrogation de la vie vis à vis de la mort. [...]
[...] Don Quichotte quant à lui, considère que la chevalerie est une religion. Il met en lumière le lien étroit de la chevalerie et de la religion13 : « je pense que pour me punir d'avoir enfreint les lois de la chevalerie, le Dieu des batailles a voulu que je reçoive ce châtiment » (page 206, Cervantes). Don Quichotte fait le choix de suivre une vie de noble chevalier, un processus comparable au choix monastique. On a donc un parallélisme constant entre la vie idéale du chevalier et la vie pieuse du moine. [...]
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